Entretien motivationnel chez l’alcoolodépendant

D. Lécallier La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2013, vol. 27, n° 896, pp.164-165. Bibliographie
Le médecin qui prend en charge un sujet alcoolodépendant espère le voir changer de comportement et argumente dans cette direction.
Le patient contre-argumente alors, diminuant ses probabilités de changement. On a souvent pris cette attitude pour du déni. En fait il s’agit "le plus souvent d’une attitude de dénégation induite par la crainte du jugement ; c’est le signal d’une dissonance dans la relation thérapeutique et de la nécessité pour le médecin de modifier sa propre attitude".
L’entretien motivationnel bouscule la relation thérapeutique classique.
Il est centré sur le patient que le soignant guide consciemment vers l’objectif du changement de comportement.
Une communication empathique (ou active) contrôlée qui respecte le discours de la personne avec le désir de la comprendre prédispose le patient à se dévoiler. Elle est efficace dans la construction de l’alliance thérapeutique.
L’écoute réflective est plus dynamique et collaborative et se pratique avec un jeu de nuances qualitatives et quantitatives permettant au patient de garder la main tandis que le soignant oriente le discours vers le développement ou l’explication de son ambivalence et de sa motivation.
Le choix de l’objectif appartient en dernier ressort au patient.
Cet entretien motivationnel peut être utilisé dans n’importe quelle autre situation où un changement de comportement est souhaitable. Il n’est pas une façon de motiver les patients mais de faire émerger leurs motivations propres.
"Ce n’est pas une psychothérapie mais un style relationnel dont l’indication principale est l’ambivalence devant une modification souhaitable de comportement de santé".
(publié le 4 avril 2013)