L’usage des cigarettes électroniques doit être soigneusement encadré

Y. Martinet, N. Wirth, E. Béguinot, P. Diethelm La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2015, vol.65, n°6, pp. 750-753. Bibliographie
Il est très vraisemblable que vapoter soit moins dangereux que fumer mais la réduction du risque reste à quantifier en raison des nombreuses incertitudes qui persistent.
Si l’on sait déjà que la nicotine administrée sous forme de tabac fumé produit une accélération de la fréquence cardiaque avec une élévation de la pression artérielle, le risque cancérogène a été évoqué sans toutefois de preuve formelle ; mais la dépendance persiste, que l’usage de la nicotine se fasse par tabac fumé ou par vapotage.
L’efficacité de la cigarette électronique dans l’aide au sevrage n’est pas encore suffisamment démontrée selon l’OMS.
En réalité la plupart des vapoteurs sont en fait des vapo-fumeurs qui réduisent leur nombre de cigarettes fumées en espèrant réduire les risques pour leur santé, mais l’on sait aussi que la réduction durable de la consommation de tabac fumé ne réduit pas significativement les risques pour la santé car la consommation de quelques cigarettes induit déjà un risque cardiovasculaire et les risques de cancer augmentent plus en fonction du nombre d’années de tabagisme que du nombre de cigarettes fumées. Cette fausse sécurité continue à maintenir les fumeurs dans leur consommation de tabac fumé et l’OMS confirme que le double usage (tabac fumé et vapotage) aura moins d’effets bénéfiques sur la survie en général que le sevrage tabagique complet.
La vente des cigarettes électroniques aux mineurs est interdite (afin que les adolescents ne s’initient à la consommation de nicotine et y deviennent dépendants et passent tôt ou tard à la consommation de tabac fumé).
La publicité pour les cigarettes électroniques sera "définitivement interdite le 20 mai 2016 sauf sur les lieux de vente et dans les publications destinées aux professionnels de la vente du tabac et des cigarettes électroniques".
Le vapotage est interdit dans les lieux publics et les espaces collectifs de travail (en raison de l’exhalaison par le vapoteur de vapeur dans laquelle se trouvent de la nicotine mais aussi des particules ultrafines).
Plutôt que de confier la vente des cigarettes électroniques aux buralistes, les experts recommandent une vente exclusive en pharmacie, où les utilisateurs pourraient recevoir des conseils sanitaires éclairés.
L’industrie du tabac ouvre un troisième marché, celui du tabac chauffé, où la vapeur inhalée ne provient pas d’un liquide mais du chauffage de doses de tabac spécialement fabriquées à cet effet avec des goûts variés ; mais aucune information ne circule sur le type de tabac utilisé, les additifs et ajouts.
(publié le 4 septembre 2015)