La dépendance au travail : les médecins sont-ils à risque ?
Workaholism : are physicians at risk ?

A. Rezvani, G. Bouju, B. Keriven-Dessomme, L. Moret, M. Grall-Bronnec Occupational Medicine 2014, vol 64, n°6, pp. 410-416. Bibliographie.

La dépendance au travail (WA), souvent appelée « addiction au travail » est un concept relativement récent qui n’a pas encore été clairement défini. Les études en cours ont révélé des taux de prévalence très variables en raison de la diversité des modèles utilisés et des populations étudiées. Cette enquête française évalue les caractéristiques du WA chez le personnel médical d’un hôpital.

Tous les médecins exerçant dans un hôpital universitaire français ont été invités à participer à une enquête sur la base de deux questionnaires : le test de risque d’addiction au travail (WART) pour le WA et le test de Karasek (Job Content Questionnaire JCQ) pour évaluer les contraintes psychosociales du travail.

444 médecins ont répondu aux questionnaires (taux de réponse 45 %). Treize pour cent des répondants ont été considérés comme très dépendants au travail et 35 % ont été jugés modérément dépendants au travail. Les professeurs ont la moyenne du score de WART la plus élevée, mais ni l’âge ni le sexe n’ont été associés au score de WART. De plus, le coefficient de corrélation le plus élevé était obtenu entre le score de WART et le score des exigences professionnelles (une des trois dimensions du JCQ), ce qui indique que les accros au travail connaissent les exigences les plus élevées.

Le WA affecte donc surtout les professeurs de médecine. Cette étude souligne l’importance des contraintes et la charge de travail, qui sont conformes aux facteurs individuels de vulnérabilité. Ces facteurs peuvent aider à identifier les moyens de prévenir et de gérer ce type de dépendance, grâce à l’amélioration des conditions de travail et des structures organisationnelles.

(publié le 4 décembre 2014)