La méphédrone : une nouvelle drogue de synthèse

A. Petit, L. Karila, M. Sananes, M. Lejoyeux La Presse médicale, 2013, vol. 42, n°10, pp. 1310-1316. Bibliographie
La méphédrone est un psychostimulant de synthèse, dérivé de la cathinone et appartenant à la famille des phényléthylamines.
Communément appelée "miaw miaw", "bubbles", "mep", "drone", "bounce", "subcoca", ou "M’Cat", cette drogue se présente sous la forme d’une poudre blanche ou de gélules et est consommée majoritairement par les populations jeunes et homosexuelles issues du milieu festif, par voie intranasale principalement, ou orale, ou intraveineuse, intramusculaire, inhalée ou rectale.
Ces stimulants sont disponibles sur Internet et sont proposés comme substances chimiques utilisées dans la recherche, comme engrais pour plantes, purificateur de l’air ou sels de bains.
Les effets cliniques sont proches de ceux de l’ecstasy et de l’amphétamine mais sont moins puissants et diffèrent d’un individu à l’autre et dépendent de la dose ingérée, de la composition du produit et de la voie d’administration.
Les effets secondaires et complications sont nombreux et sont dominés par une cardiotoxicité, un syndrome toxique sympathomimétique, des altérations neurocognitives, des comportements sexuels à risque et des troubles psychotiques de type paranoïa.
La prise en charge des effets indésirables est empirique et il n’existe pas de traitement pharmacologique curatif validé par les autorités de santé.
Lors de la prise en charge au long cours, la psychothérapie est essentielle.
27 cas de décès ont été imputés au produit.
En raison de son potentiel addictogène, la méphédrone est classée comme stupéfiant depuis août 2012 mais depuis décembre 2010, l’usage, la possession et la vente de méphédrone sont interdits au sein de l’Union Européenne ; ce qui a provoqué inéluctablement l’émergence d’autres drogues comme certains dérivés cannabinoïdes et autres phényléthylamines.
Il existe pour ce produit un test de dépistage urinaire par la méthode de chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse et une méthode de détection sur des échantillons de cheveux est actuellement à l’étude.
(publié le 30 janvier 2014)