La spirométrie influence-t-elle la motivation au sevrage tabagique ?

J. Van den Broucke Le Généraliste, 2015, n°2712, p.24

A la faveur d’une thèse de médecine générale portant sur l’impact motivationnel de la spirométrie réalisée par le médecin généraliste à son cabinet, chez des fumeurs initialement non motivés, une étude a été menée pendant 4 mois dans un cabinet de médecine générale parisien, auprès de 74 fumeurs "non motivés au sevrage". Ils ont bénéficié d’une spirométrie et leurs résultats leur ont été expliqués et remis.
Les fumeurs inclus étaient représentatifs de la patientèle que les généralistes reçoivent.
La spirométrie retrouvait que 18% des sujets avaient un trouble ventilatoire obstructif mais 38%, un âge pulmonaire pathologique.
9 mois après cet examen, seuls 28 patients restaient "précontemplatifs", c’est à dire sans projet de sevrage dans les 6 mois à venir, 22 projetaient une tentative de sevrage dans les 6 mois à venir, 5 dans le mois à venir. 11 patients avaient arrêté depuis moins de 6 mois et 1 depuis plus de 6 mois. 5 avaient fait une tentative mais avaient repris leur tabagisme.

Il semblerait que la notion d’âge pulmonaire soit parlante pour un sujet lambda et que la motivation à l’arrêt soit bien liée à ce résultat.
Ce travail intéressant et motivant pour les médecins généralistes comporte quelques biais méthodologiques : l’absence de groupe témoin et un effectif restreint.
Il s’agit dès lors d’une étude pilote qui mériterait des travaux de plus grande envergure.

(publié le 11 mai 2015)