Les conduites addictives parmi le personnel hospitalier : enquête de prévalence par questionnaire chez 366 agents du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne

C. Orset, M. Sarazin, S. Grataloup, L. Fontana Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2011, vol.72, n°2, pp.173-180. Bibliographie.
Une enquête transversale descriptive par questionnaire anonyme a été proposée dans le cadre d’une visite systématique dans le service de santé au travail, entre le mois d’octobre 2008 et le mois de mars 2009, afin de déterminer la prévalence de consommation de produits suivants : alcool, tabac, cannabis, médicaments psychotropes, antalgiques et drogues illicites parmi un échantillon issu du personnel d’un centre hospitalier universitaire.
Un questionnaire a été proposé par les médecins du travail à toutes les personnes, sans critère de sélection (375 agents hospitaliers). Seuls 9 agents ont refusé de répondre et les taux de non-réponse ont été modérés pour ce type d’enquête.
85% des agents hospitaliers interrogés ont déclaré avoir consommé de l’alcool dans les 12 derniers mois (chiffre un peu supérieur à celui retrouvé dans la plupart des études réalisées en France en milieu professionnel : 81,6%et 83,8%) mais le pourcentage de personnes à risque de dépendance (1,9%) est faible (avec néanmoins 5,8% des hommes versus 1,3% de femmes) en comparaison avec des études menées dans le département de la Loire (8%) ou parmi une population de Gens de mer (15,5%).
En ce qui concerne le tabac, la consommation est élevée dans cette étude chez les hommes (41% d’entre eux) par rapport à ce qui est observé dans la population générale (35,5%). Par contre, le pourcentage de dépendants est équivalent à celui retrouvé dans la population générale.
16 des sujets interrogés (soit 4,8% ) avaient consommé du cannabis dans les 12 derniers mois, 5 étaient des consommateurs réguliers mais 2 semblaient présenter des signes de dépendance. Les taux se révèlent moins élevés que ceux décrits dans la population générale mais l’on ne peut écarter une sous-déclaration pouvant expliquer ce constat. On peut néanmoins considérer que les agents du CHU sont majoritairement des personnes informées et averties sur les risques de telles consommations.
(publié le 19 septembre 2011)