Les échecs du sevrage tabagique. Analyser les facteurs d’échec et prévenir les rechutes

La Revue du Praticien Médecine Générale, 2009, vol.23, n°824, p.435-439. Bibliographie.
La majorité des rechutes surviennent dès les premiers jours (avant le 8e jour) et en tout cas avant la fin du troisième mois. Au-delà de 3 mois, les taux de rechute sont plus faibles mais identiques, que les patients aient été traités ou non. Si les rechutes précoces sont liées principalement à une dépendance pharmacologique à la nicotine, les rechutes tardives ont des bases physiologiques complexes faisant intervenir les phénomènes de neuro-adaptation mis en place en réponse à l’exposition chronique à la nicotine. Mais l’environnement et les conditions affectives dans lesquelles est administré le produit jouent un rôle essentiel. "Chez l’homme, les évènements émotionnels associés à la consommation d’une substance psycho-active sont mémorisés et s’incrémentent tout au long de la vie. Ainsi, la résurgence d’un évènement saillant de l’environnement est capable de stimuler les voies dopaminergiques plusieurs années après le sevrage et de déclencher un processus de recherche de la récompense, expliquant les réponses tardives ". Plusieurs facteurs prédictifs de rechute ont été caractérisés à partir de cohortes de sujets ayant fait une tentative d’arrét : le sexe féminin, une dépendance forte au test de Fagerström, une tendance anxieuse ou dépressive associée, une consommation excessive d’alcool ou une consommation de drogues illicites. Au stade du sevrage, il s’agit avant tout d’un syndrome de manque, d’un syndrome anxio-dépressif se démasquant à cette occasion, ou d’une prise de poids. Il est fondamental d’anticiper la rechute dès la première consultation en renforçant la motivation, en traitant le syndrome de sevrage, en recherchant et traitant un syndrome dépressif, en proposant des conseils diététiques afin de prévenir la prise de poids. La prévention des rechutes s’appuie sur des thérapies comportementales (stratégies de contournement ou d’opposition) et cognitives (apprendre à identifier le discours intérieur associé aux évènements de la vie quotidienne).
(publié le 14 décembre 2009)