Les nouvelles approches de l’alcoolisation

P. Naudin-Rousselle, M. Reynaud Le Généraliste, 2012, n°2611, pp.18-20. Bibliographie

Si la consommation quotidienne de boissons alcoolisées diminue depuis plusieurs décennies, la consommation ponctuelle de quantités importantes d’alcool (au moins 6 verres) augmente, et ce dans des proportions importantes chez les femmes.
En effet, les épisodes d’ivresse (binge drinking dans une perspective de "défonce"), concernent les jeunes de 18 à 34 ans et augmentent chez les jeunes femmes de 18 à 25 ans.
Le DSM-IV TR en vigueur actuellement classe les sujets consommateurs en alcoolo-dépendants ou non alcoolo-dépendants.
La prochaine version du DSM V classera les niveaux de dépendance de 0 à 11 et abolira la frontière très nette entre abus et dépendance.
Les recommandations en cours actuellement en France, préconisent comme objectif thérapeutique l’abstinence durable et définitive. Depuis 2010, les recommandations européennes admettent un objectif intermédiaire reposant sur une baisse significative de la consommation"sans passer nécessairement par un sevrage préalable mais avec comme objectif de parvenir à l’abstinence dès que possible".
Pour les personnes à dépendance faible ou modérée, il pourra être proposé de revenir à une consommation contrôlée, ce qui facilitera l’accès aux soins. Les profils de patients qui pourraient le plus en bénéficier sont ceux qui n’ont pas de comorbidité psychiatrique ou d’antécédents familiaux d’abus d’alcool et ceux qui appartiennent à un milieu social aisé.
La prise en charge des sujets alcoolo-dépendants sera psycho-sociale : interventions brèves, entretien motivationnel, thérapies cognitivo-comportementales.
Elle sera aussi médicamenteuse et passera

  • soit pas l’acamprosate qui module la libération de dopamine ; prescrit au maximum pour un an, il ne contre-indique pas une prise concomitante d’alcool qui ne modifie pas ses propriétés pharmacocinétiques ;
  • soit par la naltrexone, antagoniste des opiacés qui réduit la libération de dopamine et diminue le plaisir associé à la consommation d’alcool ; prescrite pour trois mois maximum, elle déconseille la prise concomitante d’alcool ;
  • soit par le disulfirame à effet antabuse , "beaucoup moins prescrit alors qu’il rend de grands services"..... ; "pris le matin, il évite les rechutes du soir et peut être administré en association avec l’acamprosate ou la naltrexone".
  • D’autres molécules sont en cours d’évaluation.
(publié le 8 novembre 2012)