Les nouvelles drogues de synthèse

A. Dorra, L. Michel Le Généraliste, 2013, n°2633, pp. 20-21. Bibliographie
Depuis 2008, une cinquantaine de nouvelles substances imitant les effets de l’ecstasy, des amphétamines, ou de la cocaïne ont été identifiées en France. Leurs structures moléculaires voisines leur permettent de contourner la législation sur les stupéfiants. Elles sont vendues sur Internet.
Les cathinones sont les plus nombreuses et leur chef de file est la méphédrone que l’on peut ingérer ou injecter. Ces produits sont psychostimulants, augmentant l’éveil, la vigilance, le désir sexuel et sont anorexigènes. Leurs risques ne sont pas encore bien identifiés mais on dénombre des effets psychiques de type paranoïde, des effets cardiovasculaires ou un état d’épuisement physiologique avec amaigrissement important.
Les phénéthylamines circulent dans les festivals de musique, les raves-parties, dans le milieu festif sous forme de comprimés consommés par les jeunes entre17 et 30 ans. Euphorisants, psychostimulants, ils occasionnent des "bad-trips" (épisodes d’anxiété aigus lors de la "redescente") nécessitant parfois le recours à l’héroïne, le cannabis ou l’alcool.
Les dérivés synthétiques de la cocaïne sont sniffés et utilisés dans un but de stimulation. Les effets sont neurologiques (nervosité, logorrhée, tremblements, convulsions) et cardiaques (tachycardie, dépression cardiovasculaire, troubles du rythme, voire arrêt cardiaque).
Les cannabinoïdes synthétiques développés au départ en vue du traitement de la douleur sont fumés ou ingérés en infusion pour favoriser le bien-être, la détente, la socialisation, l’introspection, le fou rire. Ils se présentent sous forme de plantes à fumer, d’encens, de sels de bains et les plus connus sont dénommés "Spice". Ils occasionnent sécheresse de la bouche, yeux rouges, maux de tête, étourdissements, nausées, vomissements, palpitations, diminution de l’attention et des réflexes, somnolence, anxiété, confusion, voire attaque de panique. Ces produits présentent un potentiel de dépendance. Utilisés régulièrement, ils favorisent toux chronique, dommages pulmonaires et ORL, démotivation, atteinte de la mémoire et de l’humeur.
(publié le 4 avril 2013)