Nouveaux produits de synthèse : revue des données actuelles

L. Karila, B. Megarbane, L. Chevillard, N. Benturquia, J-L. Laplanche, M. Lejoyeux La Presse Médicale, 2015, vol.44, n°4, cahier 1, pp.383-391. Bibliographie
Les nouveaux produits de synthèse (NPS) correspondent à des substances psychoactives non contrôlées, dérivées de plantes ou obtenues pas synthèse chimique et utilisées en raison de leurs effets mimant ceux d’une substance illicite. Essentiellement produits en Chine et en Inde, leur diffusion se fait surtout via Internet et les fournisseurs s’adaptent en permanence afin de contourner les mesures de contrôle ou d’interdiction mises en place par les autorités compétentes nationales et internationales.
Entre 2005 et 2011, 164 NPS ont été identifiés par le SAP-UE (système d’alerte précoce de l’Union européenne) et en 2013, 81 NPS ont été repérés. Les cathinones et les cannabinoïdes de synthèse représentent plus des deux tiers des NPS déclarés au SAP-UE. Les premières notifications en France datent de 2008.
Il est probable qu’en 2011, 5% des jeunes européens avaient déjà consommé des NPS.
Les utilisateurs sont le milieu homosexuel dans l’espace privé et lors de fêtes privées à thématique sexuelle, les consommateurs d’opiacés par injection, les patients en traitement, les détenus, les jeunes adultes fréquentant le milieu festif alternatif techno, d’anciens utilisateurs de cocaïne ou d’amphétamines ayant un trouble lié à l’usage de ces drogues, les usagers occasionnels de drogues et socialement insérés.
Il existe une inter-variabilité et une intra-variabilité importantes entre les produits et les individus. Les principaux effets sont psychostimulants, empathogènes et plus ou moins hallucinogènes, similaires à ceux du cannabis, des amphétamines ou de la cocaïne.
Selon le produit utilisé, les conséquences psychologiques sont variables : dépression, hallucinations, anxiété, agitation, paranoïa, troubles mnésiques, état délirant aigu, insomnie, idées suicidaires, troubles cognitifs, etc.
Des troubles somatiques sont présents tels que tachycardie, nausées, vomissements, vertiges, céphalées, sueurs, convulsions, perte de conscience, dépression respiratoire, douleurs diffuses, syndrome coronarien aigu, rhabdomyolyse, insuffisance rénale, voire décès.
Certains produits consommés à dose élevée entraîneraient des risques d’homicide, de tentative de suicide et d’agression.
Certains sont responsables d’addiction significative (méphédrone, kratom, méthoxétamine) avec syndrome de sevrage.
Si certains ne sont pas neurotoxiques quand ils sont consommés seuls, ils le deviennent en combinaison avec d’autres drogues ou avec de l’alcool.
Il s’avère dès lors important de développer non seulement la recherche autour de ces NPS mais aussi de mettre en place des stratégies thérapeutiques pour en limiter les conséquences.
(publié le 16 juillet 2015)