Politique alcool et drogues
Mieux impliquer les médecins du travail

Prevent Focus, 2016, février, pp.7-9

Si l’on se réfère aux normes de l’Organisation mondiale de la Santé, 6% des Belges boivent trop, soit plus de 21 verres standard d’alcool par semaine pour les hommes et 14 pour les femmes ; ils sont 13% à avoir une consommation problématique chez ceux qui consomment de l’alcool chaque semaine.
15% ont déjà consommé du cannabis au cours de leur vie et 5% ont déjà consommé une autre drogue illicite.
15% des Belges ont consommé des substances psychoactives (somnifères, tranquillisants, anti-dépresseurs) au cours des deux semaines précédant l’enquête.
L’étude UP-TO-DATE réalisée par différents partenaires scientifiques a permis de collecter 274 questionnaires complétés par des médecins du travail (soit 1 médecin du travail sur 3).
Les médecins qui travaillent en Belgique semblent peu impliqués dans l’élaboration et la mise en ouvre de la politique en matière d’alcool et de drogues (1/4 participent souvent mais la moitié, rarement ou jamais).
Les médecins du travail des grandes entreprises sont plus impliqués car plus disponibles et bénéficiant de prime abord, d’une culture de prévention au sein de l’entreprise.
Les médecins du travail externes à l’entreprise manquent de temps, trop focalisés sur la visite médicale périodique.
Pourtant les médecins du travail sont des acteurs de première ligne importants dans la prévention et la prise en charge de l’usage problématique de substances. S’ils sont experts en matière d’alcool et de médicaments psychoactifs, en termes d’effets sur le comportement au travail, ils sont plus démunis en ce qui concerne l’abus de cannabis et les autres drogues illicites. Ils manquent aussi de compétences communicationnelles pour aborder ces sujets. Pourtant 88% estiment que c’est leur rôle de faire de la prévention individuelle ciblée sur ces thèmes.
Une fois dépisté, le salarié est adressé au médecin généraliste mais la collaboration devient compliquée : pas de communication, assimilation du médecin du travail à un médecin-contrôleur, ignorance du médecin traitant du métier occupé par le patient, méconnaissance du médecin généraliste quant à la manière de contacter le médecin du travail.
Il paraît dès lors nécessaire de :

  • "développer des directives adaptées à la pratique quotidienne des médecins du travail,
  • établir une politique claire en matière d’alcool et de drogues à appliquer dans chaque entreprise,
  • organiser de campagnes d’information sur les risques liés aux abus de substances,
  • élargir l’offre d’assistance,
  • favoriser la collaboration entre généralistes et médecins du travail".
(publié le 9 mai 2016)