Pratiques addictives et travail
Un cocktail particulièrement dangereux

L.Courbon, A. Bondéelle,C. Ravallec Travail et Sécurité, 2012, n°733, pp.16-35

Sachant qu’en 2010, 41,3 millions de personnes de 11 à 75 ans auraient consommé au moins une fois dans l’année de l’alcool, 3,8 millions du cannabis, 400 000 de la cocaïne et 150 000 de l’ecstasy, les entreprises sont obligatoirement concernées et tous les secteurs d’activité sont touchés.
D’ailleurs, le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011 mentionne que 15 à 20% des accidents professionnels, de l’absentéisme et des conflits interpersonnels au travail seraient liés à l’usage de l’alcool.
Les entreprises souhaitent s’investir mais comment ?
La démarche est encore trop souvent individuelle : sensibilisation de la personne perçue comme malade, gestion du risque (la personne est écartée provisoirement de son poste de travail) et accompagnement ou incitation forte à recevoir des soins, voire, à un stade plus avancé, répression.

Il faut en réalité jouer collectif :

  • informer les managers sur la question,
  • élaborer des actions de prévention pour l’ensemble du personnel,
  • s’interroger sur l’organisation du travail (les risques psychosociaux pouvant favoriser les consommations) et la culture de l’entreprise,
  • dépister en respectant les principes éthiques et s’entourer d’indispensables précautions,
  • créer un comité de pilotage qui définira le rôle de chacun, les signaux d’alerte, la démarche à adopter, le tout à l’aide d’une "charte" qui permettra de suivre les actions.
    impliquer le CHSCT et le médecin du travail,
    modifier si nécessaire le règlement intérieur.

La démarche ne pourra se faire que sur le long terme et nécessitera de briser les tabous et de faire évoluer les pratiques.
Après un rappel du cadre juridique (les obligations de l’employeur, les obligations des salariés, les sanctions possibles), de nombreux exemples sont rapportés issus de domaines professionnels très divers.
On s’aperçoit qu’au fil du temps et en en discutant, les comportements changent, et certaines entreprises ont même adopté une politique "zéro alcool" dans le cadre de l’activité professionnelle.

(publié le 14 janvier 2013)