Prévenir les conduites addictives

PIC, 2015, n°95, pp.27-33
95% des salariés ont un jour consommé des substances psychoactives qu’il s’agisse d’alcool, de stupéfiants, de médicaments. Cela veut dire que dans l’entreprise, l’ensemble des salariés est concerné et pas seulement ceux qui sont affectés aux postes de sécurité. Si les consommations peuvent être liées à certaines conditions de travail, il ne faut pas occulter le fait que le travail est généralement un facteur de protection des conduites addictives.
La prévention en entreprise ne se limite pas à l’approche réglementaire, mais un repérage précoce est difficile pour les employeurs certes mais aussi pour les professionnels de santé, en raison du déni dans lequel s’enferme la personne dépendante.
C’est pourtant un risque comme les autres qui ne doit pas être traité de manière différente. Le médecin du travail hésite parfois à aborder la question avec les salariés. En 2009, 750 médecins interrogés ont répondu qu’ils questionnaient respectivement les consommations de tabac, de médicaments psychotropes, d’alcool et de cannabis dans 87, 71, 46 et 17% des cas. Il existe pourtant des outils simples de repérage précoce de la consommation à risque et d’intervention brève. L’employeur ne doit pas tolérer ces situations de dépendance et orienter le salarié vers le médecin du travail.
L’interdiction pure et simple n’est pas une solution car elle ne fait pas prévention. Il faut partir de ce qui se passe réellement et comprendre les rouages qui ont conduit à l’addiction.
La prévention sera d’abord collective et le fonctionnement de l’entreprise sera analysé afin de repérer les facteurs favorisants. Il est important de sensibiliser le personnel, y compris l’encadrement et de le former de manière pédagogique.
(publié le 2 février 2016)