Quel avenir pour un vaccin "antitabac " ?

G. Lagrue, J. Ménard La Presse Médicale, 2010, vol.39, n°3, p.289-290
Les rechutes fréquentes à l’arrêt du tabac après l’utilisation de traitements nicotiniques ou de varénicline ont incité les chercheurs à proposer un vaccin antitabac. Cette immunothérapie "repose sur la formation par l’organisme d’anticorps spécifiques dirigés contre la nicotine et capables de susciter la synthèse d’anticorps, aptes à reconnaitre et à capter la nicotine circulante, l’empêchant de traverser la barrière hématoencéphalique et d’atteindre les récepteurs nicotiniques cérébraux".
Chez l’homme, plusieurs vaccins ont été développés, utilisant des macromolécules associées à un adjuvant. Une réponse de type IgG à taux suffisant a été constatée mais les taux d’anticorps sont très variables d’un individu à l’autre et baissent en trois à quatre semaines obligeant à de nouvelles injections. Outre de nombreuses difficultés à la fois d’ordre biochimique et conceptuel, les chercheurs s’interrogent sur le risque induit par une telle immunothérapie utilisant des injections répétées avec adjuvant. Le risque de maladies auto-immunes n’est pas exclu. Une évaluation de la balance bénéfice/risques reste dès lors indispensable.
(publié le 16 juin 2010)