Recos de la Société française d’alcoologie

A. Dorra Le Généraliste, 2015, n°2711, pp.16-17

Afin d’aider les médecins à repérer et prendre en charge les patients alcooliques, la Société Française d’Alcoologie (SFA) a jugé nécessaire d’édicter des nouvelles recommandations qui sont disponibles sur www.sfalcoologie.asso.fr.
L’objectif est de savoir reconnaître un mésusage d’alcool :

  • connaître les seuils de risque et la définition d’un verre standard,
  • distinguer usage à risque (dépassement des seuils de manière ponctuelle ou régulière), usage nocif (entraînant des dommages somatiques, psychiques ou sociaux) et dépendance (désir puissant de consommer ou perte de contrôle de la consommation).
    Il faut utiliser le questionnaire de dépistage : l’AUDIT-C dont les résultats donnent un score qui permet d’estimer la sévérité du problème.

L’idéal à atteindre est l’abstinence mais si le patient n’est pas prêt, il faut lui proposer des conseils psychosociaux pour réduire sa consommation.
Après 15 jours sans résultats, un traitement par nalméfène peut être institué : 1 comprimé par jour, 2h avant le moment du risque de boire ; un suivi régulier est prévu pendant 6 mois.
En cas d’inefficacité, il sera proposé le baclofène, mais la prescription sera très encadrée et obligera à inscrire le patient dans un registre et à assurer son suivi pharmacologique. La posologie ira croissant jusqu’à effet, mais une dose de 120 mg/jour obligera à solliciter l’avis d’un médecin expérimenté. On procédera de la même manière à l’arrêt du traitement (par paliers).
Un éventuel syndrome de sevrage sera anticipé par la prise de benzodiazépines (à la plus petite dose possible sur la durée la plus courte).
Pour assurer le maintien de l’abstinence, sont recommandés l’acamprosate ou la nalrexone, imposant un suivi régulier (au moins une fois par mois). En deuxième intention, sont proposés le disulfirame ou le baclofène.
En cas d’échec, l’orientation vers une structure spécialisée est indispensable.

(publié le 11 mai 2015)