Repérage des conduites de jeux en addictologie par le Pôle régional de spécialisation sur les addictions aux jeux (PRéSAJ) en région Nord-Pas-de-Calais

P. Taquet, B. Rolland, C. Bence, S. Liénard, O. Cottencin La Presse médicale, 2016, vol.45, n°5, pp. 555-556. Bibliographie.

Selon le Baromètre santé 2014, les joueurs problématiques de jeux d’argent représentent 2,7% de la population française.
Le jeu pathologique (JP) concerne les jeux de hasard et d’argent auquel on rattache l’usage pathologique des jeux vidéo (UPJV).
Les usages pathologiques des jeux sont devenus de véritables problématiques de santé publique nécessitant un dépistage systématisé, une évaluation précise et une prise en charge adaptée, d’autant qu’existent des pratiques addictives (tabac, alcool) concomitantes ou des stratégies de compensation lors du sevrage.
La présence d’une co-addiction entraîne des formes plus sévères de JP.

En région Nord-pas-de Calais, les conduites potentiellement addictives des patients sont évaluées systématiquement au sein d’un dispositif spécifique, le Pôle régional de spécialisation sur les addictions aux jeux (PRéSAJ) qui a pour mission, les soins, l’enseignement, la recherche concernant les addictions aux jeux.
Le nombre des addictions aux jeux est en augmentation, passant entre 2013 et 2014 de 4,2% des consultants à 6,6%.
Les joueurs rencontrés sont majoritairement des hommes. Pour le jeu pathologique, ils sont âgés d’environ 40 ans et 50% d’entre eux ont une comorbidité psychiatrique et 47,7% une co-addiction au tabac, à l’alcool et au cannabis. Pour l’UPJV, ies joueurs ont environ 20 ans et 64,7% présentent une comorbidité psychiatrique et 35,5% une co-addiction.
Pour faciliter le dépistage de ces addictions, le PRéSAJ propose un questionnaire évaluant les conduites de jeux auprès de patients orientés en addictologie et quelle que soit la problématique addictive qui justifie cette consultation.
Ce dépistage sera complété si nécessaire par des outils spécifiques, l’Indice canadien de Jeu excessif (ICJE) pour le JP ou la Game Addiction Scale (GAS) pour l’UPJV.
Reste alors la conduite thérapeutique qui va de l’information à la prise en charge spécifique, en tenant compte du stade de motivation au changement du sujet addict.

(publié le 3 novembre 2016)