Sevrage tabagique

G. Peiffer, M. Underner, J. Perriot La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2014, vol.28, n°917, pp. 199-204. Bibliographie

Le tabagisme actif responsable de 73 000 décès prématurés chaque année est considéré comme une "maladie chronique".
Pour lutter conte ce fléau, la Haute Autorité de Santé (HAS) a émis de nouvelles recommandations s’adressant en priorité aux médecins généralistes mais tous les professionnels de santé peuvent s’impliquer.

La démarche de sevrage est la suivante :

  • dépister le tabagisme en interrogeant systématiquement tous les patients,
  • procéder à une évaluation initiale en
    • identifiant la dépendance,
    • évaluant les comorbidités psychiatriques,
    • recherchant les co-addictions,
    • délivrant le conseil d’arrêt,
    • explorant la motivation.

Les stratégies recommandées :

  • renforcer la motivation (entretien motivationnel),
  • soutenir (écoute, accompagnement, conseils),
  • prescrire la substitution
    • traitements nicotiniques de substitution (TNS) en première intention : patchs ou formes orales nécessitant un ajustement de la posologie dès la première semaine,
  • autres traitements
    • bupropion et varénicline,
    • cigarette électronique : bien que non indiquée en l’absence d’études suffisantes, son utilisation ne doit pas être déconseillée chez le candidat au sevrage, s’il refuse les TNS.
  • proposer des méthodes non pharmacologiques
    • activité physique, acupuncture, hypnose,
  • s’aider de moyens complémentaires
    • entretiens téléphoniques structurés auprès d’une ligne dédiée "Tabac Info Service" (téléphone 3989) ou accompagnement plus personnalisé par l’intermédiaire du site internet www.tabac-info-service.fr
    • outils d’auto support
  • surveiller l’éventuelle prise de poids et conseiller des mesures diététiques, une activité physique, une aide psychologique spécifique.

Quel suivi ?

  • hebdomadaire dans un premier temps,
  • puis mensuel durant les les 3 à 6 mois suivants.

Si le médecin généraliste a un rôle majeur à jouer dans cet objectif d’abstinence total pour ses patients, tous les soignants doivent être formés au dépistage individuel et à l’aide à l’arrêt.

(publié le 25 septembre 2014)