Sevrage tabagique
Pourquoi c’est si difficile ... .

J-P. Rageau, B. Dautzenberg Le Généraliste, 2013, n°2655, p.24
Il faut bien garder à l’esprit que le fumeur devenu dépendant mais qui s’est sevré ne sera jamais un non-fumeur. Il restera un ex-fumeur exposé au risque de récidive s’il se remet à fumer, ne serait-ce que quelques cigarettes.
Un patient qui fume de temps en temps est encore libre et ne nécessite pas d’aide pharmaceutique au sevrage, mais il faut l’informer sur les risques induits par son comportement.
Le fumeur qui a besoin d’aide est celui qui fume dès le matin.
Il est inefficace de lui demander d’avoir de la volonté mais il sera incité à évoquer les raisons positives d’arrêter en n’insistant pas sur les motifs négatifs.
Le médecin laissera le fumeur choisir le moment du sevrage et lui expliquera les différentes étapes (qui seront progressives) et le rassurera sur les possibilités de contrôle des symptômes induits par ce sevrage.
Le niveau de dépendance sera mesuré par le test de Fagerström, ce qui permettra d’adapter les outils à disposition.
Un substitut nicotinique sous forme de patch sera associé à une forme orale afin de contrôler chaque manque au cours de la journée. Les doses seront adaptées en fonction des "progrès", mais il est conseillé d’attendre 4 à 6 semaines de sevrage avant de réduire les doses.
Malgré la polémique contre la varénicline, les risques de son utilisation sont "incommensurablement moins élevés que ceux du tabagisme et ils triplent les chances d’arrêt du tabac".
La cigarette électronique ne doit pas être condamnée chez le fumeur (elle est beaucoup moins nocive que la cigarette classique) mais ne doit pas être encouragée chez le non-fumeur.
"L’ acupuncture et l’hypnose ont l’efficacité du placebo".
Les troubles dépressifs graves se produisant lors de l’arrêt seront traités et la prise en charge du tabagisme, renforcée.
(publié le 14 novembre 2013)