Sevrage tabagique : les nouvelles donnes 2014

B. Dautzenberg Le Généraliste, 2014, n°2666, pp. 22-24. Bibliographie

La dépendance tabagique peut être considérée comme une maladie chronique qui tue chaque jour 200 Français et fait perdre 11 ans de vie en bonne santé. Il appartient donc au médecin de prendre en charge cette maladie chronique et de devenir le pilote de l’arrêt du tabac.
Des outils existent : des substituts nicotiniques, des médicaments et plus récemment l’e-cigarette.
Le médecin doit prendre en charge 100% des patients et le choix personnel du malade, comme pour toute maladie chronique, n’est qu’un modulateur.
Il faut dans un premier temps établir le bilan de la dépendance : évaluer la consommation, recueillir les tentatives d’arrêt, évaluer la dépendance et les comorbidités ("plus de 100 maladies sont liées au tabac et le tabagisme double le risque de grippe, triple le risque de pneumonie à pneumocoque, multiplie par 8 le risque d’anévrisme de l’aorte, aggrave les hépatites, l’insuffisance réale, la maladie de Crohn et la polyarthrite.... " et recueillir la motivation (mais même si elle est nulle, l’arrêt du tabac doit être obtenu.)
Les outils disponibles sont :

  • les substituts nicotiniques : timbres ou patchs, formes orales en sachant que si le sous-dosage est fréquent, le sur-dosage est exceptionnel et transitoire.
  • Les médicaments sont utiles à mettre en œuvre chez les fumeurs ayant une pathologie et qui ne sont pas motivés.
    • la varénicline : le médicament le plus efficace pris en monothérapie ; il nécessite une montée progressive des doses et une prolongation du traitement si le patient consomme encore quelques cigarettes les deux premiers mois de traitement ;
    • le bupropion est moins utilisé du fait de ses effets secondaires mais reste utile.
  • l’accompagnement psychologique et les techniques cognitivo-comportementales gardent une place centrale chez les rares fumeurs non-dépendants et une place d’appoint chez les dépendants.
  • les méthodes "placebo" : acupuncture, homéopathie, phytothérapie, hypnose, auriculothérapie,etc... " ne doivent être ni recommandées, ni interdites si elles ne s’opposent pas aux méthodes efficaces".
  • l’e-cigarette sera encouragée chez les fumeurs mais totalement déconseillée chez les non-fumeurs souhaitant l’expérimenter.

Ces outils seront associés à des conseils : augmenter la pratique de l’activité physique et réorienter son alimentation.

(publié le 18 février 2014)