Usage de drogues au travail

D. Bilhaut, C. Faesch Le Quotidien du Médecin, 2011, n°8968, p.8
D’après la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), 10% des salariés consommeraient régulièrement ou occasionnellement des produits illicites au travail (cannabis essentiellement, mais aussi cocaïne et amphétamines). Les agriculteurs sont les moins concernés (2,7%) à l’inverse des professionnels des arts et du spectacle (17%).
Si l’alcool occupe une place très majoritaire dans les comportements toxicomanes en milieu professionel et est responsable de 20% des accidents du travail, l’usage des produits illicites en milieu professionnel est mal documenté. Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) estime que la réflexion doit englober alcool, produits illicites et substances psychoactives.
Le dépistage des drogues en milieu professionnel porterait-il atteinte à la liberté individuelle des salariés ? Non, répond le CCNE mais dans certaines circonstances seulement, à savoir que ce dépistage soit réalisé à titre dérogatoire auprès de personnes occupant des postes comportant un enjeu de sécurité et exigeant une vigilance particulière, dès lors que les salariés ont été préalablement informés et à la condition que ce dépistage respecte des valeurs éthiques essentielles.
Il paraît utile au CCNE de prévoir une large campagne d’information sur les effets de la consommation de l’alcool, des produits illicites et de l’abus de médicaments psychotropes au travail, non seulement dans les entreprises mais aussi à tous les stades de la formation.
Ce point de vue est partagé avec la fédération Addiction (nouvellement créée) qui tenait ses premières journées nationales à Lyon les 19 et 20 mai 2011 et qui a fait part de ses inquiétudes face à une politique, selon elle, trop axée sur la répression et insuffisamment sur la prévention.
(publié le 6 juin 2011)