Usage de substances psychoactives et milieu de travail

F. Beck, R. Guignard, C. Léon, C. Ménard, J-B. Richard La Santé en Action, 2013, n°425, pp. 42-44. Bibliographie

Selon le Baromètre-Santé 2010 (initié par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, Inpes), le tabac et l’alcool demeurent, parmi les substances psychoactives, les produits les plus fréquemment consommés. 40,6% des personnes actives âgées de 16 à 64 ans déclarent fumer, ne serait- ce qu’occasionnellement, 35,8% quotidiennement ; cette consommation augmente en particulier chez les femmes de 45 à 64 ans.
En ce qui concerne l’alcool, la consommation quotidienne diminue, mais les ivresses ponctuelles augmentent.
L’usage du cannabis apparaît stable depuis 2005 (7,8% au cours de l’année et 4,4% au cours du mois), mais les expérimentations augmentent.
Le développement de la cocaïne se confirme : 0,3% en 2009 mais 0,9% en 2010 avec une expérimentation qui passe dans le même temps de 2,0% à 4,3%.
Les chômeurs présentent un profil de surconsommation de substances psychoactives par rapport aux actifs et ce, quel que soit le produit incriminé : (tabac, alcool, cannabis).

Certains secteurs professionnels sont plus représentés parmi les usagers de substances psychoactives.
Le secteur de la construction présente une part plus importante d’usagers d’alcool, de tabac, de cannabis, et une expérimentation de cocaïne ou de champignons hallucinogènes.
Le secteur de l’agriculture est plus concerné par la consommation quotidienne d’alcool, comme les métiers de l’industrie qui sont aussi de forts consommateurs de tabac.
Les arts et spectacles sont concernés par l’ivresse ponctuelle, la consommation de cannabis, la polyconsommation (cocaïne,ecstasy, poppers, champignons hallucinogènes).
Les activités de commerce ont une part importante d’usagers du tabac.

Quatre secteurs d’activité ont des consommations significativement plus faibles que le reste des actifs : l’administration publique, l’enseignement, le milieu de la santé humaine, de l’action sociale, les activités de services des ménages.

Des problèmes liés au travail ou la situation professionnelle seraient responsables d’augmentation des consommations : il en est ainsi pour 36,2% des fumeurs réguliers, pour 9,3% des consommateurs d’alcool et pour 13,0% des consommateurs de cannabis.
Néanmoins, l’exercice d’une activité professionnelle reste globalement un facteur de protection des conduites addictives.

(publié le 25 novembre 2013)