Workaholism : de quoi parle-t-on ?

Prévent Focus, mai 2015, pp.20-21
Le workaholisme se caractérise par un excès de travail susceptible de mettre la santé en danger. Il peut se définir en fonction du temps passé au travail ou de l’engagement dans le travail mais bénéficie souvent d’une image "plutôt positive car renvoyant à l’idée de motivation au travail et de réussite".
Ce comportement qui présente un caractère répétitif et compulsif échappe au contrôle et peut avoir des conséquences négatives sur le plan psychologique, somatique ou relationnel. Il s’agit donc bien d’une addiction comportementale.
Si l’implication et la contrainte sont fortes, la satisfaction n’est pas toujours au rendez-vous notamment au cours de l’évolution. Si au début, le travail acharné donne un résultat positif qui est source de stimulation et entraîne encore plus d’énergie et d’efficacité de la part du salarié, le résultat s’émousse et la peur de l’échec rend le collaborateur moins efficace. Enfin, les relations avec ses collègues deviennent difficiles car il délègue peu et travaille en solitaire. Il en résulte perte d’efficacité et de production pour l’organisation.
La prévalence du workaholisme atteint 7 à 13%. Les revenus élevés seraient significativement associés à la dépendance au travail. Certains catégories socio-professionnelles semblent bien ciblées (personnel académique, journalistes, personnel navigant). _ L’autoévaluation du risque se fait au travers de trois tests principaux : le WART (Work addiction risk test), le WorkBAT (Workaholism Battery) et le DUWAS (DutchWork Addiction Scale) explorant le travail excessif et le travail compulsif.
Si les facteurs individuels jouent un rôle prépondérant (faiblesse de l’estime de soi, personnalités obsessionnelles et perfectionnistes), certaines composantes de l’organisation peuvent également favoriser son apparition, notamment la priorité donnée au profit réalisé.
Les conséquences sur la santé sont des plaintes somatiques (douleurs musculaires, troubles intestinaux) mais aussi des troubles anxieux, des insomnies, de la dépression et du burn-out.
(publié le 30 juillet 2015)