Addiction et travail

V. Kunz, I. Gravez-Robert Les cahiers des RPS, 2016, n°28, pp.18-28

Ce dossier est constitué de deux parties.
La première s’intéresse à la consommation, aux risques associés et à la prévention quant aux usages de substances psychoactives au travail.
La deuxième présente la démarche d’un service interentreprises et les outils mis à disposition des employeurs et des Services de Santé au Travail.

A l’image de la Société, le milieu professionnel est concerné par des consommations de substances psychoactives (SPA) et plus particulièrement par l’alcool, le cannabis et les médicaments psychotropes.
Tous les secteurs d’activité sont concernés, certains plus que d’autres. De même toutes les formes de travail et toutes les fonctions sont impactées avec néanmoins des différences et le nombre de consommateurs serait significativement plus important chez les salariés occupant un poste de sûreté et de sécurité.
Si le travail est protecteur à certains égards vis-à-vis des conduites addictives, il apparaît que le travail peut initier, favoriser ou renforcer l’usage de SPA.
Au regard de la législation et des recommandations des pouvoirs publics, tous les acteurs de l’entreprise sont concernés par la prévention des risques liés aux usages de substances psychoactives.
Le contrôle d’alcool par éthylotest est possible si ses contions de mise en pratique sont respectées. Le dépistage salivaire n’est pas recommandé (car non fiable et ne permettant pas de déterminer un seuil à partir duquel le salarié n’est pas en mesure de tenir son poste de travail). Globalement, ces tests n’apportent pas réellement d’information au médecin du travail et en apparaissant comme un dépistage répressif, ils risquent d’entraver la relation de confiance entre le médecin et le salarié.
La démarche de prévention sera globale et incluse dans la politique de prévention des risques professionnels de l’entreprise.

La démarche d’un Service de Santé au travail est détaillée dans la deuxième partie.
Un groupe de travail pluridisciplinaire a été mis en place sur la base de quatre fiches actions, couvrant la prévention individuelle et collective :

  • développer le Repérage Précoce Intervention Brève (RPIB)
  • Conduite à tenir avec un salarié repéré comme ayant des difficultés avec sa consommation de SPA
  • Conduite à tenir devant la demande d’un employeur sollicitant le Service de santé au travail pour recevoir un salarié "consommateur"
  • Communiquer auprès des employeurs sur les SPA et la collaboration possible.

Des outils ont été élaborés autour d’axes de travail permettant à chaque membre de l’équipe pluridisciplinaire de conseiller les employeurs et "de développer des démarches de prévention efficaces car collectives, concertées, cohérentes et respectueuses de chacun".

(publié le 26 janvier 2017)