Addictions aux jeux de hasard et d’argent

D. Moisan, M. Lejoyeux La Revue du Praticien, 2017, vol.67, n°10, pp. 1107-1110. Références

Le jeu pathologique est classé dans le groupe des addictions et troubles liés à l’usage de substances. Trois outils de dépistage sont validés : le South Oak Gambling Screen (SOGS), (l’outil de référence et le plus utilisé), l’indice canadien du jeu excessif et la section " jeu pathologique " du DSM-IV, (reconnu plus discriminant).
La prévalence en France serait de 1,3% (5% aux États-Unis et en Australie).

Le déterminisme des comportements du jeu pathologique est plurifactoriel : l’âge (25 à 34 ans), le genre (homme plus souvent), une précarité financière, certains aspects de la personnalité (recherche de sensations, impulsivité), des particularités neurobiologiques génétiquement transmises.

Des comorbidités sont présentes chez 93% des patients : principalement psychiatriques et addictives (à d’autres dépendances), mais aussi somatiques (métaboliques et digestives, systémiques, cardiovasculaires et respiratoires).

Après une phase de gains, l’addiction au jeu s’installe avec son cortège de désagréments (négligence vis-à-vis du travail, des amis, de la famille), irritabilité et désespoir pouvant conduire à l’acte suicidaire.
La prise en charge repose essentiellement sur la psychothérapie (association d’une approche cognitivo-comportementale et de techniques motivationnelles) et l’accompagnement social (conseils juridiques, protection des biens et aide à la constitution du dossier de surendettement). Aucun traitement médicamenteux n’a encore reçu l’autorisation de mise sur le marché dans cette indication, mais il peut constituer un traitement d’appoint.

(publié le 9 février 2018)