Addictions : les employeurs contraints à la vigilance

V. Leblanc Entreprises et carrières, 2017, n°1322, pp.19-26
"30% de la population a des comportements à risque ou nocifs, 20% des accidents du travail sont directement associés à la consommation d’alcool ou de drogues, et l’alcool est responsable de la moitié des accidents mortels".
Les moyens d’alcoolisation sont divers (binge drinking, alcoolisation clandestine associant consommation tardive, ajout de produits énergisants avec l’alcool ou de cocaïne).
Les employeurs sont encore en recherche de solutions pour les accompagner : soit ils s’inscrivent dans la répression, soit dans la protection mais savent rarement assurer un rôle de soutien et de prévention.
Il faudrait aussi s’interroger sur le lien addiction et travail.
Les nouvelles organisations (intensification, flexibilité) créent des tensions et l’usage de substances psychoactives a pour objectif soit de s’anesthésier (pour supporter le travail), soit de se stimuler (pour tenir des objectifs élevés ou faire face à des horaires décalés..), soit de s’intégrer (quand l’alcool est nécessaire pour être adopté par le groupe).
Les services de santé au travail ont pour mission de conseiller les employeurs, les travailleurs et leurs représentants sur la prévention de la consommation de substances psychoactives. De même, le plan santé au travail 2016-2020 fait de la prévention des addictions une de ses priorités.
La formation des SST au repérage précoce et à l’analyse de situations à risque est important. Le repérage précoce s’appuie sur un questionnaire administré par un médecin ou un infirmer qui interroge la personne sur ses pratiques et lui permet de prendre conscience d’un éventuel problème de consommation. L’interlocuteur délivre alors au consommateur, une information brève pour l’inciter à changer de comportement. Cette méthode déjà utilisée dans certains SST a déjà fait ses preuves.
Au demeurant, l’alcool est moins présent dans les entreprises car les contrôles sont possibles mais les sanctions ne peuvent être efficaces que s’il y a un travail de pédagogie en amont. Il faut proposer des outils complets d’information et de prévention pour toutes les substances et pour tous les salariés.
Cet article propose des actions menées en entreprise : des contrats d’accompagnement pour lutter contre les addictions, des consultations extérieures pour le personnel en difficulté ou encore des contrôles aléatoires et une sensibilisation aux risques pour viser le zéro accident.
(publié le 8 mars 2017)