Alcool et neurologie

M. Dematteis, L. Pennel La Presse Médicale, 2018, vol. 47, n°7-8, pp. 643-654. Références
L’alcool est la deuxième cause de mortalité évitable avec 49 000 décès annuels, dont 6 500 par complications neurologiques, parmi lesquels 89% d’accidents vasculaires cérébraux dont 70% hémorragiques.
Après son absorption, l’alcool atteint le foie et l’ensemble des tissus. La catabolisation se fait à 75% dans le foie et à 15 à 20% dans les tissus extra-hépatiques.
Lors de l’intoxication alcoolique aiguë, il existe une relation dose-effet avec des différences individuelles. L’ivresse est dite pathologique en cas de troubles du comportement associés, hallucinations, d’idées délirantes, etc. Le coma survient à 3-4 g/L et le décès à 4-5 g/L ou parfois à des doses inférieures.
Les usages varient selon les âges et si les jeunes (15-25 ans) consomment moins souvent que les personnes plus âgées, ils le font de façon plus importante et près de la moitié sont concernés par le binge drinking , ce qui est particulièrement délétère pour le foie et le système nerveux en cours de maturation chez l’adolescent avec risque à l’âge adulte de troubles addictifs, cognitifs et émotionnels.
Le syndrome de sevrage concerne la moitié des sujets alcoolodépendants (10% font une forme sévère) à type de delirium tremens ou de crises épileptiques.
Les conséquences chroniques de l’alcoolisation sont des troubles du sommeil, des douleurs chroniques, des troubles cognitifs, une dégénérescence cérébelleuse, des encéphalopathies carentielles, des troubles neurohépatiques dont la cirrhose, une modification du microbiote intestinal, des accidents vasculaires cérébraux, des crises d’épilepsie, une névrite optique rétrobulbaire, des pathologies infectieuses et méningées et des atteintes du système nerveux périphérique.
Il en ressort que " dans une stratégie de prise en charge globale visant à améliorer l’issue thérapeutique... il faut rechercher systématiquement l’alcool comme facteur causal ou aggravant devant tout trouble neurologique et à l’inverse, ces troubles doivent être recherchés en cas d’usage problématique d’alcool car ils ne sont pas exprimés par les patients".
(publié le 31 octobre 2018)