Consommation d’alcool comportementale et conséquences pour la santé

Coordination scientifique : V. Nguyen-Thanh , R. Guignard - Auteurs : F. Bourdillon, J-B. Richard et coll, C. Bonaldi et coll. Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire, BEH, 2019, n°5-6, pp. 87-108. Références

Un numéro spécial est consacré à la consommation d’alcool en France.
Il comporte un éditorial, trois articles et un focus.
Nous nous intéresserons à l’éditorial et aux deux premiers articles qui concernent l’adulte.
La consommation d’alcool a été étudiée à partir du Baromètre de Santé publique France 2017, qui a concerné 25 319 personnes âgées de 18 à 75 ans.
Il en ressort que 87% des 18-75 ans ont consommé de l’alcool au moins une fois dans l’année ; et 10% déclarent consommer de l’alcool chaque jour, ( les hommes trois fois plus que les femmes), 21% déclarent avoir connu une ivresse dans l’année. 10% étaient des utilisateurs quotidiens et 5% consommaient 6 verres ou plus en une même occasion toutes les semaines.
On note une très grande hétérogénéité des modes de consommation selon l’âge et le sexe : les consommations quotidiennes d’alcool s’observent essentiellement chez les 65-75 ans (26%). A l’inverse, les ivresses régulières concernent principalement les jeunes de 18 à 24 ans (19,4% en 2017), mais cette tendance tend à se stabiliser après une décennie d’augmentation.
Il existe une frange de très gros buveurs (10% des 18-75 ans boivent à eux seuls 58% de l’alcool consommé).

La mortalité liée à l’alcool est importante en 2015 (dernière année pour laquelle les données de mortalité sont disponibles), 41 000 décès sont estimés être attribuables à l’alcool (30 000 décès chez les hommes, 11 000 chez les femmes), soit 11% et 4% respectivement de la mortalité des adultes de 15 ans et plus. Cela inclut les cancers, les maladies cardiovasculaires, les maladies digestives, les accidents et suicides, les maladies mentales, les troubles du comportement ...
La fraction attribuable pour l’ensemble des pathologies associées à l’alcool représente jusqu’à 15% des décès chez les 35-64 ans contre moins de 8% pour les autres catégories d’âge.
Si 90% du total des décès sont liés à des consommations supérieures à 53g/jour d’alcool pur, 1% des décès sont attribuables à une consommation modérée entre 7 et 18 grammes d’alcool/jour.

Il est important de développer des politiques de prévention pour minimiser les risques sanitaires et les dommages sociaux. Conciliation difficile entre la perception des Français chez qui l’alcool consommé occasionnellement est synonyme de plaisir et de convivialité, et la réalité qui se traduit par une très forte morbidité et une mortalité élevée !

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(publié le 22 mars 2019)