Fumer du cannabis : pas bon pour les poumons ?

A-M. Ruppert, V. Gounant, J. Cadranel La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2019 ; vol.33, n°1016, pp.120-121
5 millions d’adultes ont des usages réguliers de cannabis, dont 1,4 million fument au moins 10 fois par mois et 700 000 tous les jours.
Actuellement, ce sont surtout les plus jeunes qui en consomment : 28% des 18-25 ans, soit 35% des hommes et 21% des femmes dans cette tranche d’âge.
Il est essentiellement fumé sous forme de joints comportant plus souvent de la résine que de l’herbe mélangées au tabac. La concentration en Δ9 tétrahydrocannabinol (THC) a triplé en 10 ans pour atteindre 23% dans les résines contre 11% dans l’herbe.
Après absorption, le pic plasmatique de THC est atteint dès la 7e minute.
En cas de très fort taux de THC, les effets secondaires sont : hallucinations, attaques de de panique, épisodes psychotiques, augmentation des accidents de la vie publique surtout si association à l’alcool.
Le risque de dépendance à long terme chez les utilisateurs est de 9%.
La fumée issue de la combustion d’un joint est proche de celle de la cigarette et comme elle, induit une inflammation des voies respiratoires. Elle induit également un effet bronchodilatateur rapide mais davantage de toux, de symptômes de bronchite chronique, d’expectoration ou de dyspnée, mais aucun impact sur la DLCO (capacité de diffusion du CO), et des résultats contradictoires sur le VEMS.
Une association est probable mais non prouvée avec la BPCO et il existe un lien possible mais non démontré avec le cancer du poumon.
(publié le 22 mars 2019)