La e-cigarette, alliée ou danger pour la santé publique ?

I. Berlin et B. Dautzenberg lors d’un débat contradictoire organisé par A-L. Le Faou Le Quotidien du Médecin, 2019, n°9729, p.9

La cigarette électronique (CE) fait débat au sein même de la Société francophone de tabacologie (SFT).

Le docteur Ivan Berlin, spécialiste de pharmacologie s’appuie sur une étude britannique qui donne avantage à la cigarette électronique pour le sevrage tabagique et conclut qu’elle est moins nocive que la cigarette si son utilisation est exclusive (c’est à dire non associée à un tabagisme concomitant). Il cite la progression exponentielle de son usage et craint qu’elle ne devienne une porte d’entrée au tabagisme chez les jeunes.

Le professeur Bertrand Dautzenberg s’inscrit comme un ardent défenseur de la cigarette électronique et rappelle qu’elle constitue un excellent outil pour arrêter le tabac. L’épidémiologie confirme que la CE n’est pas un produit d’entrée en tabagie mais qu’elle peut être un produit de sortie. Le principal risque de la CE est lié à son utilisation sans liquide ou avec une puissance disproportionnée à la résistance (émanations d’acroléine et de formaldéhyde).
Les émissions de la fumée de cigarette électronique ne contiennent jamais de goudron et très peu de nitrosamines qui sont de très loin les principaux cancérogènes de la fumée du tabac. Contenant de la nicotine, la cigarette électronique ne doit être utilisée que par les fumeurs ou les ex-fumeurs.

(publié le 22 mars 2019)