Le vapotage
De l’enthousiasme à la prudence

A. Rigaud, B. Basset, F. Lecas Association nationale de Prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA), 2017, n°22, 19 p.
La cigarette électronique est apparue comme donnant les sensations d’une cigarette classique sans ses conséquences négatives sur la santé.
Dans un premier temps, elle est considérée comme une menace pour l’industrie du tabac mais est rapidement devenue une opportunité commerciale et a connu une croissance spectaculaire avant de se stabiliser. En 2015, il existait 2 000 points de vente en France.
C’est ainsi qu’en 2014, 26% des individus âgés de 15 à 75 ans avaient déjà essayé la e-cigarette. L’usage actuel concerne 6% de la population de cette même classe d’âge dont 57,3% l’utilisent quotidiennement.
On a pensé dès le départ que la cigarette contribuerait à l’arrêt du tabac et que son efficacité était identique à celle des patchs ; mais une méta-analyse est venue discréditer son efficacité en montrant même que son usage pouvait au contraire diminuer les chances de sortie du tabagisme de 28%.
Des effets négatifs immédiats de la e-cigarette n’ont pas été décrits mais on peut toutefois s’interroger sur l’innocuité des 7 700 arômes artificiels et autres composants dont la nicotine en cas d’exposition prolongée, d’autant que la majorité des utilisateurs de cette cigarette électronique continent à fumer du tabac.
Les experts mondiaux prennent position, souvent avec prudence et parfois dans des sens opposés. En France, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a rendu deux avis successifs marqués par une grande réserve. Il souligne les difficultés d’évaluation de l’apport de la cigarette électronique dans la réduction des risques liés au tabac.
(publié le 16 mars 2017)