Pratiques addictives : les missions ont évolué

J. Herchkovitch Le Concours Médical, 2020, vol. 142, pp. 34-36. Références

Entre 10 et 20% des accidents de travail et de trajet seraient directement liés à l’alcool mais les collaborateurs témoins d’un problème de ce type dans leur milieu professionnel ne savent pas quelle attitude adopter ; ce ressenti augmente avec la taille de l’entreprise et varie selon le secteur (l’indusrie, le commerce, la finance, l’assurance et l’immobiler seraient les plus désemparés).
Ils ne sont que 52% à citer la médecine du travail comme recours et ce n’est pas leur premier choix pour 14% d’entre eux, bien que les missions de prévention et d’informaton sur les pratiques addictives en milieu professionnel incombent aux services de santé au travail (SST).

Lors de la visite d’information et de prévention, selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé, le salarié doit être interrogé sur sa consommation d’alcool, de drogues et de médicaments psychotropes. Il semblerait que depuis que cette visite est assurée par une infirmière du travail, le recueil d’informations et plus aisé, le salarié se sentant plus libre, plus en confiance, face à un discours moins moralisateur.
La mission de conseil des SST doit s’inscrire dans un démarche plus globale impliquant largement les managers autour de formations et d’actions de sensibilisation. Il faut aussi rappeler aux employeurs qu’ils sont responsables des accidents routiers qui pourraient survenir à la suite d’un pot avec alcool dans leur établissement.

(publié le 19 mars 2020)