Troubles de l’odorat liés au Covid-19, une anosmie post-virale ordinaire ?

M. Boyard-Gouffrant Le Généraliste, 2021, n°2963, pp. 14-15
En France, l’incidence des troubles de l’odorat liés au Covid-19 est estimée à 15 à 20% et le fait de perdre l’odorat ou le goût concerne plutôt les formes légères à modérées. Cette incidence varie dans le temps et elle semble plus faible avec le variant Delta.
Sur le plan physiopathologique, l’hypothèse porte sur la fixation prioritaire de la protéine Spike sur les cellules épithéliales et les voies olfactives, pouvant provoquer un œdème des fentes olfactives.
Si l’odorat est récupéré dans 98% des cas dans le mois suivant, elle peut perdurer plusieurs mois, voire un an.
Le diagnostic différentiel suppose le recours à une endoscopie nasale.
Si l’anosmie dure plus de 6 semaines ou s’accompagne d’autres signes, en particulier neurologiques, il faut prescrire une "IRM cérébrale et de la base de crâne en coupes fines axiales et coronales centrées sur les fentes olfactives et les bulbes olfactifs".
Certains ORL préconisent la corticothérapie locale et les lavages de nez (que l’on contre-indiquait au début de la pandémie).
Le point clé de la prise en charge est la rééducation olfactive. Cette rééducation est fondamentale même pour les anosmies prises en charge tardivement.
(publié le 15 novembre 2021)