VIH et Covid-19
l’impact des inégalités

J-F. Laforgerie Remaides, octobre 2021, pp. 57-58
Le rapport de l’Onusida ne fait pas siennes les conclusions du rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui affirmaient que les personnes vivant avec le VIH avaient un risque de développer une forme grave de la Covid-19.
Ce qui est réellement déterminant est le taux de CD4 et la charge virale.
Mais aussi entre en ligne de compte l’accès à la vaccination. 67% des personnes porteurs du VIH dans le monde, vivent dans les pays en voie de développement mais moins de 3% ont reçu au moins une dose de vaccin contre la Covid-19 en juillet 2021.
L’absence de vaccination augmente le nombre de cas graves conduisant à l’hospitalisation et induit une saturation des systèmes hospitaliers avec pour corollaire une moindre qualité des soins.
S’y ajoute la désorganisation liée à la Covid sur les services de prévention et de soins du VIH : moindre dépistage du VIH, moins de diagnostics posés, chutes des orientations vers les services de soins, retard aux traitements, réorientation des soignants habituellement chargés des soins aux personnes vivant avec le VIH vers des services prenant en charge le Covid-19.
Enfin, les enfants ont été oubliés dans cette lutte contre le VIH et en 2020, 800 000 enfants âgés de 0 à 14 ans vivant avec le VIH ne reçoivent aucun traitement et beaucoup d’enfants n’ont pas été dépistés à la naissance.
De plus "les femmes et les filles en Afrique subsaharienne continuent d’être exposées à un risque élevé d’infection au VIH du fait des inégalités entre les sexes et de la violence sexiste toujours prégnantes".
A cela, s’ajoute la pauvreté, moteur de migration et le manque d’éducation qui ont un fort impact sur l’accès aux soins.
(publié le 19 novembre 2021)