Impact de la retraite sur le comportement au volant et attitudes vis-à-vis de la sécurité routière au sein d’une grande cohorte d’automobilistes français (la cohorte GAZEL)

Impact of retirement on risky driving behavior and attitudes towards road safety among a large cohort of French drivers (the GAZEL cohort) J.A. Bhatti, A. Constant, L. Rachid Salmi, M. Chiron, S. Lafont, M. Zins, E. Lagarde Scandinavian journal of Work, Environment and Health, 2008, vol.34, n°4, pages 307-315. Bibliographie

Cette enquête française a étudié les modifications dans le comportement au volant et les attitudes vis-à-vis de la sécurité routière dans les mois suivant la retraite, dans une grande cohorte d’usagers de la route.

En 2001, 14 226 participants de la cohorte GAZEL en France ont relaté leurs attitudes vis-à-vis de la sécurité routière et leur comportement au volant au moyen d’un auto-questionnaire. En 2004, 82% de l’échantillon initial (n = 11 706) a répondu au même questionnaire. Deux analyses complémentaires par régression logistique ont été réalisées pour évaluer l’association de

  1. la retraite avec la modification du comportement sécuritaire lors de la conduite et les attitudes vis-à-vis de la sécurité routière entre 2001 et 2004
  2. la durée depuis la retraite avec le comportement à risque au volant et les attitudes négatives vis-à-vis de la sécurité routière en 2001.

Parmi les participants qui étaient actifs en 2001 (n = 3 927), ceux qui ont pris leur retraite entre 2001 et 2004 (66%) avaient plus de chance d’avoir des épisodes d’endormissement au volant [odds ratio ajustés (a OR) 2,12 p<0,001] et une utilisation du téléphone tout en conduisant (a OR 1,74 ; p=0,006) que ceux qui étaient restés en activité professionnelle. La seconde analyse a montré que la probabilité d’endormissement au volant et d’utilisation du téléphone en conduisant diminuait très tôt après la retraite, tandis que celle de conduire trop vite diminuait sur un intervalle de temps plus long. La retraite n’avait aucune influence sur la conduite sous l’emprise de toxiques ni sur les attitudes vis-à-vis de la sécurité routière.

En conclusion, les résultats suggèrent qu’une activité professionnelle peut jouer un rôle dans certains comportements à risque sur la route. Sachant qu’un quart des accidents mortels de la route en France sont des accidents du travail, la surveillance et la prévention de l’endormissement au volant ainsi que l’usage du téléphone en conduisant chez les travailleurs devraient être davantage prises en considération.

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(publié le 6 avril 2009)