La bombe à retardement de la fin des préretraites

G. LE NAGARD, C. LACOURCELLE Entreprise et carrières. - 2008. - N° 897. - Pages 20-27
Les salariés âgés et fatigués pouvaient jusqu’au début des années 2000 quitter l’entreprise par le biais des préretraites ; mais ces échappatoires n’existent plus et les conditions de travail des seniors deviennent un peu partout un problème à gérer dans l’urgence. Depuis quelques années, les arrêts maladie ont augmenté (notamment les arrêts de longue durée) de même que les licenciements pour motif personnel et les inaptitudes constatées par le médecin du travail. En 2003, près d’un million de salariés étaient inaptes, dont 75 000 à tout poste de travail. Or la majorité des déclarations d’inaptitude débouche sur un licenciement avec ses conséquences économiques et sociales. L’idéal serait de reclasser à un poste moins pénible. Mais les postes dits « doux » n’existent pratiquement plus. Quelques sociétés « réservent » aux salariés vieillissants certains postes ciblés comme moins contraignants avec l’aide des ergonomes. L’heure est à l’aménagement des conditions de travail soutenables par les quinquas. Cet enjeu est de taille quand le taux d’emploi des seniors continue de plafonner à 38 % en France. Certaines sociétés s’attaquent à la pénibilité et proposent des parcours professionnels qui prennent en compte la santé et le vieillissement en initiant, qui un programme de professionnalisation des gestes et d’amélioration des postes afin de les modifier et de les alléger, qui une réflexion sur la prévention, qui le développement d’une logique de polyvalence et de mobilité, qui encore une égalité de traitement pour les plus de 45 ans et la valorisation de leur expérience. Pour garder leurs salariés en bonne santé, certaines sociétés s’intéressent à leur hygiène de vie et proposent des conseils adaptés au rythme et aux conditions de travail, délivrés par des professionnels dans le domaine de la nutrition. Face aux salariés vieillissants, tous les pays européens connaissent le même casse-tête. Beaucoup ont déjà adopté des mesures plus ou moins drastiques.
(publié le 30 novembre 2008)