Le pragmatisme british pour durer au travail

A-S. Bellaiche L’Usine Nouvelle, 2010, n°3206, pp.48-50
Plus d’un tiers des résidents britanniques sont âgés de plus de 50 ans. Le système des retraites dans ce pays ne prévoit pas de départ anticipé pour carrière longue, et le débat sur la pénibilité n’a jamais été ouvert. Les montants des retraites sont faibles et les fonds de pension ont fondu avec la crise financière. Parallèlement , les seniors ont envie de rester dans la course. Tout cela conduit à un taux d’activité des hommes de 55-59 ans, dépassant les 80% et celui des 60-64 ans frisant les 60%.
Le grand avantage est la transmission du savoir et la limitation de la perte des compétences. Si les jeunes ont de l’énergie, les anciens ont de l’expérience. Les travaux minutieux et complexes sont confiés aux plus anciens, les travaux de force aux plus jeunes. Quand la santé se dégrade, on s’intéresse plus aux capacités restantes qu’aux possibilités manquantes et l’employeur offre aux seniors un poste plus adapté.
Un autre atout pour favoriser la continuité de l’activité est la flexibilité. A titre d’exemple : une entreprise de 120 personnes propose 37 schémas d’organisation du travail différents (choix du volume d’heures, des durées quotidiennes, des jours de la semaine). Mais cette situation n’est pas généralisée. Ailleurs, ce peut être de la production avec 37 heures sur 4 jours pour tout le monde, mais alors les positions sur la chaîne sont caractérisées en fonction des sollicitations physiques requises.
Néanmoins, la situation n’est pas idyllique pour tous : ici un technicien de 66 ans recherché pour ses compétences et bénéficiant d’un emploi non routinier qualifie la retraite à 60 ans d’idée saugrenue, là, un autre technicien de 62 ans en fonderie, gêné par des difficultés respiratoires, attend avec impatience l’âge de la sortie.
(publié le 12 octobre 2010)