Mieux vieillir au travail, un enjeu majeur de prévention

M. Viossat Préventique, 2014, n°133,pp. 54-56

Face aux clichés habituels et aux préjugés concernant les capacités de travail des salariés de plus de 45 ans, le groupe "ASMT* Ergonomie" du CISME** s’est appuyé sur la réglementation et la littérature scientifique afin de faciliter une réflexion objective sur le vieillissement au travail.
Un livre a été publié en 2012 sous la forme d’un guide. Cet article en est une synthèse.

Il est bien admis que le processus de vieillissement naturel diminue les capacités physiques de l’être humain, bien que des différences interindividuelles existent en fonction des antécédents de l’individu, de son mode de de vie et de ses conditions de travail.
Ce processus de vieillissement nécessite des modalités d’adaptation afin de déployer des stratégies de compensation.
Les capacités cognitives ne sont pas altérées significativement par le vieillissement physiologique mais les seniors ont plus de difficultés à faire plusieurs choses à la fois ; mais avec plus de temps, de stabilité et de soutien social, ils peuvent aboutir à des performances équivalentes aux plus jeunes. L’apprentissage et l’entraînement sont susceptibles de réduire, voire d’annuler les effets du vieillissement.
Cependant pour un certain nombre de situations professionnelles telles que manutention, vibrations, la prévention doit être mise en place dès le jeune âge pour éviter que les expositions cumulées aboutissent à une usure prématurée.
L’intensification du travail et la recherche de productivité accrue nécessitent plus d’efforts pour trouver des stratégies de compensation adaptées chez le senior. Une autonomie suffisante, dans un contexte de soutien social est une condition sine qua non au maintien dans l’emploi dans des conditions d’efficacité satisfaisante.
" La poursuite d’une activité professionnelle jusqu’à un âge avancé passe davantage par la prévention précoce de l’usure prématurée que par des adaptations spécifiques aux salariés âgés. Cependant, pour optimiser le travail des seniors, il convient de mettre en place des organisations où le recours à leur expérience est possible, où des marges de manœuvre existent, où la continuité des tâches est favorisée, où la pression temporelle ou l’urgence sont réduites autant que faire se peut, et où la conduite simultanée de tâches multiples est évitée ".

*ASMT : Action scientifique en milieu de travail
**Cisme : Centre Interservices de Santé et de Médecine du travail en Entreprise

(publié le 26 mars 2014)