Plan en faveur des travailleurs âgés : les enseignements de l’expérience française

Prevent Focus, janvier 2014, pp.18-22
Cette revue belge s’intéresse à l’évaluation menée par l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT) au terme d’une enquête qualitative auprès d’un nombre limité d’entreprises de divers secteurs, quant au volet relatif à l’amélioration des conditions de travail, suite à l’entrée en vigueur de la loi française du 17 décembre 2008.
Cette loi oblige les entreprises à conclure un accord ou élaborer un plan d’action pour favoriser le maintien dans l’emploi des travailleurs âgés. Elle impose la fixation d’objectifs chiffrés.
Le but était qu’employeurs et représentants du personnel s’intéressent à ce sujet, élaborent un diagnostic et des outils et négocient des actions. Les conclusions font apparaître un certain formalisme et un engagement prudent des entreprises, bien que les accords et plans d’action aillent le plus souvent au-delà des exigences minimales du point de vue des domaines d’action. Les mesures apparaissent liées à la taille des entreprises et à l’antériorité de la réflexion ou des actions. Lorsque l’entreprise disposait d’un expérience préalable, les actions inscrites dans les accords et plans d’action l’ont été en toute connaissance de cause et donc globalement réalisées.
Ces démarches ont impulsé une nouvelle dynamique auprès de certaines entreprises où la situation des seuls travailleurs vieillissants a été dépassée en mettant en avant des enjeux plus larges de santé et d’amélioration des conditions de travail pour tous les travailleurs, en lien avec l’allongement de la vie professionnelle.
"A contrario, les avancées sont tâtonnantes dans les entreprises où l’enjeu de l’allongement de la vie active n’est pas partagé et où seuls les travailleurs âgés sont en point de mire".
"Les accords ou plans d’action ne suffisent pas à rendre des pratiques effectives là où elles n’existaient pas du tout avant".
(publié le 27 mars 2014)