Promotion de la santé et emploi des seniors : renouveler l’approche

H. Lanouzière Préventique, 2013, n°131, pp. 7-9
Le Directeur général de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) livre ses réflexions à propos de l’allongement de l’espérance de vie qui induira inéluctablement un allongement de la période d’activité professionnelle et obligera donc à une adaptation de nos dispositifs de prévention.
Les entreprises sont censées avoir mis en place une traçabilité des expositions pour les salariés aux facteurs dits de "pénibilité". Cette obligation a permis aux entreprises de se doter d’une cartographie exhaustive et à jour des expositions dans l’ensemble de leurs unités de travail et notamment pour des activités restées longtemps dans l’ombre (postures pénibles, gestes répétitifs, manutentions excessives) et ce dans de nombreux secteurs.
Au delà du simple aménagement de poste ou d’un départ anticipé longtemps pratiqué face à des salariés fatigués, cette obligation permet d’aborder la question de l’organisation du travail, c’est à dire des conditions de travail. On se rend compte alors que des populations sont affectées de longue date à des tâches pénalisantes pour leur santé, générant des pathologies invalidantes et leur interdisant toute perspective d’évolution.
Le maintien dans l’emploi des seniors devra dans l’idéal être abordé sous l’angle de la prévention de l’usure professionnelle. Il faudra créer des situations telles que les salariés puissent allonger leur carrière mais aient aussi envie de le faire ; "autrement dit, fixer des objectifs vérifiables et ambitieux pour améliorer durablement la santé des travailleurs et promouvoir, en agissant sur tous les déterminants, leur qualité de vie au travail".
(publié le 2 janvier 2014)