Certificats de sport : peut-on s’affranchir de l’ECG ?

B. Gatin Le Généraliste, 2012, n°2612, pp.12-14
Faut-il suivre le modèle italien, où un dépistage comprenant interrogatoire, examen clinique et ECG systématique est obligatoire depuis la fin des années 1970 pour l’établissement d’un certificat de sport après l’âge de 12 ans ? Le résultat est une diminution de 89% de l’incidence des accidents cardiaques et des morts subites dans cette population pour un coût estimé à 115 euros par patient.
La Société française de cardiologie (SFC) pour sa part préconise depuis 2009 la réalisation d’un ECG de repos pour tout demandeur de licence pour la pratique d’un sport en compétition dès l’âge de 12 ans lors de la délivrance de la première licence, puis tous les trois ans jusqu’à 20 ans et tous les 5 ans entre 20 et 35 ans.
Si les médecins sont 91,5% à penser que ce dépistage est utile, que 52% d’entre eux connaissent cette recommandation, ils ne sont que 2% à réaliser un ECG de façon systématique et 56% à y recourir de façon occasionnelle. Tout cela par manque de temps ou par crainte de mal interpréter l’ECG.
Se fier au seul dépistage des sujets à risque est dangereux car selon un cardiologue co-auteur des recommandations de la SFC, la plupart des pathologies qui tuent ne peuvent être dépistées que par l ’ECG. L’ECG permet de détecter 60% des pathologies cardiovasculaires potentiellement dangereuses pour le jeune sportif (contre seulement 3 à 6% avec la clinique).
Oublions le test de Ruffier-Dickson qui n’a aucune valeur et ne mésestimons pas (selon la SFC), l’interrogatoire et l’examen physique qui doit comprendre la recherche (en position couchée et debout) d’un souffle cardiaque, la palpation des fémorales, la recherche des signes cliniques de syndrome de Marfan, la mesure (en position assise) de la pression artérielle aux deux bras et la mesure de la fréquence cardiaque de repos.
(publié le 14 décembre 2012)