Champs électromagnétiques
Quand l’aptitude est en question

G. Brasseur Travail et Sécurité, 2011, n°714, pp.12-14. Bibliographie
Un mécanicien de maintenance amené à intervenir sur un parc de plus de 200 moteurs et machines souhaite reprendre le travail après avoir été équipé d’un implant cardiaque. Le cardiologue contre-indique les opérations de soudage.
Plutôt que de se résoudre à formuler un certain nombre de contre-indications, condamnant le salarié à une inaptitude au poste, le médecin du travail adopte une démarche très positive.
Il s’est adressé au contrôleur sécurité de la Carsat (Caisse d’assurance retraite et de santé au travail) qui a fait intervenir le centre inter régional des mesures physiques afin de mettre en évidence les champs électromagnétiques auxquels aurait pu être soumis le salarié. Les équipes constatent que l’intensité du champ décroît très vite lorsqu’on s’éloigne de la source et que, à 50 cm, les champs sont inférieurs à 25 µT pratiquement partout. Les études publiées du service médical d’EDF notent qu’aucune perturbation des stimulateurs n’apparaît pour des valeurs de champ magnétique en deçà de 45 µT. Mais le médecin du travail jugeant ces éléments insuffisants, propose une mise en situation réelle du salarié avec son accord bien évidemment, mais aussi avec la présence du cardiologue et du SAMU (en cas de nécessité de réanimation). Le salarié occupe son poste de travail tandis que le cardiologue observe en temps réel le comportement du pace-maker. Aucune anomalie n’étant repérée, le médecin du travail délivrera une aptitude avec quelques restrictions. Certains postes de travail lui sont contre-indiqués. Une distance de sécurité doit être conservée entre le tronc et le moteur (50 cm environ) ; le salarié a bien évidemment été informé des risques des champs électromagnétiques et des conséquence d’une interférence avec le défibrillateur.
Cette démarche très positive pour le salarié et son entreprise n’aurait pas été possible sans la mobilisation de tous les acteurs (le salarié, son encadrement, le médecin du travail, le cardiologue et l’équipe de secours du SAMU).
(publié le 22 mars 2011)