Devenir des salariés licenciés suite à une inaptitude au poste de travail en Vaucluse de 2002 à 2004.

C. Buchet, A. Col, D. de Labrusse, H. Rigaut, A.M. Masse, M. Faivre-Dupaigre Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2010, vol. 71, n° 2, p.108-116. Bibliographie
24 médecins du travail inter-entreprises du Vaucluse ont participé à une enquête visant à préciser le devenir des salariés devenus inaptes au poste de travail. Chaque médecin a recherché les salariés déclarés inaptes au cours des années 2002, 2003 et 2004 dans son secteur. La proportion des inaptitudes par rapport à l’effectif total suivi par les médecins (246 030) est de 0,49%. 393 questionnaires ont été remplis conjointement par le salarié et le médecin du travail.
Après inaptitude, 90% des salariés ont été licenciés, 3% ont pris leur retraite et 1% a démissionné. 8,5% des salariés ont bénéficié d’une formation professionnelle. Seulement 22,6% des salariés ont retrouvé un emploi dont seulement 14,5% en CDI.
Le fait à l’origine de l’inaptitude est une maladie (70,74%), un accident du travail (7,63%) ou une maladie professionnelle (7,63%). Les pathologies les plus souvent en cause sont les pathologies anxio-dépressives (essentiellement féminines) et les pathologies ostéo-tendineuses-musculaires dont l’origine professionnelle est surtout présente pour les hommes.
Les personnes atteintes de troubles anxio-dépressifs accèdent plus facilement à un nouvel emploi que les salariés atteints de pathologies de l’appareil locomoteur.
La formation professionnelle est une solution de choix mais seulement 8,5% des salariés s’inscrivent dans cette démarche. La difficulté de retrouver un emploi est proportionnelle à la longueur de l’arrêt. Cette situation engendre une grande précarité et des difficultés psychologiques, qui méritent un accompagnement social personnalisé.
(publié le 31 août 2010)