Dialyse et travail, une galère ?

Propos de Franck, commentaires de P. Brunet
Il est rapporté le témoignage de Franck 48 ans, dialysé à l’âge de 17 ans (en dialyses de nuit), puis greffé un an plus tard et dialysé de nouveau pendant 15 ans toujours en dialyse de nuit jusqu’à ce que le centre ferme pour des raisons économiques.
Il est alors contraint de passer en dialyse "conventionnelle", avec des séances de 4 heures, 3 fois par semaine puis en hémodialyse quotidienne à raison de 2 heures tous les matins à l’hôpital.
Cet artisan taxi qui a mené pendant 15 ans une activité professionnelle sans faille a du interrompre son activité trop fatigué et en moins bonne santé.
Il est bien admis qu’une épuration obtenue en 4 heures est moins efficace que celle procurée en 7h de nuit, dialyse réalisée alors que le patient peut dormir.
L’association Renaloo rapporte les résultats d’une enquête menée en 2011. "Chez les patients dialysés en âge de travailler, le taux d’activité était de 64% avant le démarrage de la dialyse et de 17,4% pendant la période de dialyse, (contre plus de 80% en population générale)."
Il est indispensable que la dialyse s’adapte aux besoins des patients en activité professionnelle (qui sont trop rares). Il est important que les établissements de dialyse offrent à leurs patients, la possibilité de faire s’ils le souhaitent des séances de 5 à 6 heures permettant des programmes de 15 à 18 heures par semaine, ou mieux des séances quotidiennes.
Il faut aussi favoriser les dialyses nocturnes qui donnent les meilleurs résultats et ouvrir des unités d’autodialyse nocturne, réservées aux patients très stables qui ne nécessitent qu’une surveillance infirmière modeste.
(publié le 5 novembre 2015)