Facteurs influençant le retour au travail et le maintien dans l’emploi après un cancer du sein

M. Guittard, O. Capitain, E. Guittard, Y. Roquelaure, A. Petit Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2016, vol.77, n°2, pp.157-164. Bibliographie

Cette étude rétrospective a été menée par auto-questionnaire postal adressé à 405 femmes, âgées de 18 à 55 ans, ayant eu un cancer du sein primitif entre 2009 et 2011, unilatéral non métastatique et dont le traitement était terminé depuis au moins deux ans.
215 questionnaires ont pu être exploités (taux de réponse de plus de 55 %).
La médiane d’arrêt de travail était de 410 jours mais le statut de retour au travail était élevé (91% de patients au travail à 24 mois). Le taux de recours à l’arrêt de travail après la reprise a été modéré (ne concernant qu’une femme sur six).
Les facteurs favorisant la reprise de travail sont le fait de vivre en couple, la peur de perte de revenus, l’âge (supérieur à 50 ans), le sentiment de capacité à travailler avec néanmoins une réorganisation de l’échelle des valeurs et des changements de priorités de vie, avec un investissement de la sphère personnelle et familiale au détriment de la vie professionnelle, l’aménagement du temps de travail et/ou du poste de travail, la grande taille de l’entreprise.
Les éléments impactant négativement le retour au travail sont le curage ganglionnaire, l’appréhension à la reprise, un bas niveau d’éducation, un faible revenu, l’âge (inférieur à 50 ans).
La survenue du cancer a eu des effets négatifs sur le parcours professionnel de certaines femmes (refus de promotion, remise en cause d’embauches et d’évolution dans l’entreprise).
La RQTH (reconnaissance qualité de travailleur handicapé) et/ou l’invalidité sont des outils de retour et de maintien en emploi.
Si 90% des femmes ayant repris le travail à temps partiel thérapeutique ont bénéficié d’une visite de reprise, 75% des femmes ayant continué leur activité professionnelle pendant le traitement n’ont pas rencontré le médecin du travail.

Les auteurs en concluent qu’il faut favoriser la reprise de travail à temps partiel thérapeutique et lutter contre les appréhensions de la reprise de travail. Il parait important de sensibiliser les équipes soignantes sur la place de la reprise du travail dans le parcours thérapeutique, d’informer le milieu professionnel et de proposer un suivi adapté par le médecin du travail quant aux difficultés ressenties dans le maintien dans l’emploi. Il leur parait aussi judicieux d’accélérer la RQTH chez ces femmes afin de réduire les délais pour l’obtention de formations ou d’aménagements de poste.

(publié le 3 octobre 2016)