Incapacité de travail prolongée. Revue des facteurs de risque professionnels et des stratégies d’intervention

P-R. Somville, P. Mairiaux Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2015, vol. 76, N°5, pp.458-467. Bibliographie

En raison du vieillissement de la population qui menace l’équilibre financier des systèmes de sécurité sociale et dans ce contexte, les autorités prêtent une attention croissante au maintien dans l’emploi et à la réintégration au travail des sujets présentant des problèmes de santé.
Afin de développer des initiatives de prévention, le Service public fédéral belge emploi et travail a souhaité disposer d’un état des connaissances actualisé sur le sujet.
Une revue de la littérature scientifique a été effectuée à partir de la base de données Medline et limitée aux articles publiés en langue anglaise entre 2001 et 2011.
Les facteurs de risque d’une incapacité prolongée sont une fonction de travail physiquement lourde, des facteurs psycho-sociaux d’origine professionnelle tels que insatisfaction au travail, manque de contrôle ou de soutien, mauvaises relations avec les collègues, des réactions de peur-évitement du mouvement en cas de lombalgies, mais aussi la perception du travailleur lui-même quant à sa capacité de reprise ou non du travail et notamment celle de ne pas se sentir bienvenu en cas de retour au travail. La littérature suggère l’existence de facteurs défavorables au retour au travail du point de vue des caractéristiques psycho-sociales individuelles.

Une consultation précoce est donc nécessaire auprès du médecin du travail pour dépister ces barrières, associée à une prise en charge individuelle de certaines caractéristiques psycho-sociales et une prise en charge collective visant à l’amélioration du contexte de travail. Les études portant sur les interventions à destination des lombalgiques montrent que les modifications ergonomiques de l’environnement sont réellement efficaces beaucoup plus que l’adaptation des horaires ou des tâches, et ce, d’autant qu’elles sont le fruit d’une communication entre les différents acteurs du retour au travail (médecin du travail, employeur, médecin conseil et travailleur lui-même).
Le contexte professionnel (notamment l’ambiance de travail, la qualité des relations inter-collègues ou avec la hiérarchie ou de façon plus globale, le niveau de la satisfaction au travail) est d’une grande importance sur le retour au travail.
Enfin en ce qui concerne les postes physiquement lourds, il faut réfléchir à des dispositifs qui permettront un travail adapté transitoire facilitant la reprise du travail.

(publié le 14 janvier 2016)