La vie après un accident vasculaire cérébral

c. Jourdan, I. lafont, J. Froger La Revue du Praticien, 2016, vol.88, N°4,pp.444-450
Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont la première cause de handicap acquis de l’adulte dans les pays industrialisés. En France, 100 000 nouveaux cas sont dénombrés par an.
"La qualité de vie après l’accident dépend de nombreux facteurs liés à l’importance des déficiences et des limitations d’activités, à l’âge, à des contingences personnelles (environnement personnel et familial, niveau socio-économique, lieu de vie, projet de vie...) et à la qualité de l’accompagnement mis en place par le secteur médical, médico-social et associatif".
Cet article fait le point sur tous les aspects de la vie après un AVC, "un parcours lent et complexe qui doit être coordonné", mais nous avons choisi de nous intéresser uniquement au retour à la vie professionnelle.
Le taux de reprise après un AVC est très variable, en moyenne de 44%. Le délai serait de 8 mois, variant de quelques jours à 40 mois.
Avant de penser reprise, il faut que la rééducation soit bien avancée car il sera difficile de la concilier avec une activité professionnelle.
La première étape consiste à évaluer les capacités restantes notamment en termes de performances cognitives. La fatigue très fréquente est un frein à la reprise.
Des séquelles invalidantes inciteront à faire une demande de reconnaissance de qualité de travailleur handicapé (RQTH) afin de faciliter le retour à l’emploi avec aménagement du poste ou des horaires et/ou formation.
En fonction des capacités restantes, les possibilités de retour au travail sont variables : retour au travail au même poste, adaptation du temps de travail, adaptation du poste de travail ou mutation à un autre poste dans l’entreprise, reclassement professionnel en milieu ordinaire, éventuellement après formation, travail en milieu protégé.
L’association COMETE France (www.cometefrance.com) accompagne la démarche précoce d’insertion socioprofessionnelle dans 42 établissements de SSR (Soins de Suite et de Réadaptation) ou de services de médecine physique et de réadaptation.
La MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) peut orienter vers les unités d’évaluation, de réentraînement et d’orientation sociale et/ou professionnelle (UEROS), qui sont des structures capables de proposer un suivi et des formations, voire des stages comportant la mise en situation et l’élaboration du projet professionnel.
Le milieu associatif est aussi d’un grand secours pour apporter conseils et soutien. Citons France AVC (www.franceavc.com) et la Fédération nationale des aphasiques de France (FNAF).
(publié le 3 octobre 2016)