Le médecin du travail : rôle pivot pour préserver le maintien dans l’emploi

A. Petit Le Concours médical, 2014, vol.136, n°9, pp.707-709. Bibliographie
Pendant un arrêt de travail prolongé, le salarié peut solliciter une ou plusieurs visites de prérepise auprès du médecin du travail. Cette ou ces visites peuvent être aussi à l’initiative du médecin traitant ou du médecin-conseil de l’Assurance maladie. Cette visite a pour objectif de prévoir si l’état de santé du salarié le nécessite, des mesures d’adaptation du poste et du temps de travail et de conseiller sur les mesures de prévention.
La visite sera l’occasion de rappeler que la survenue d’une lombalgie est d’origine multifactorielle et que les facteurs professionnels sont un des facteurs modifiables influençant l’incidence de la lombalgie.
L’information au salarié doit être cohérente, rassurante quant au pronostic. Le médecin doit encourager le travailleur à la poursuite ou à la reprise des activités physiques et si possible du travail en tenant compte des caractéristiques de la situation de travail et des possibilités d’aménagement du poste. Il sensibilisera aux principes généraux de prévention.
Le médecin s’attachera en cas de lombalgie persistante ou récurrente, à rechercher les facteurs psychosociaux d’identification des travailleurs à risque de développer une douleur chronique et une invalidité permanente liée la lombalgie, mais aussi les facteurs psychosociaux liés à la politique de l’entreprise, aux systèmes de soins et d’assurance. Cela sous tend les actions à mettre en place pour accompagner le retour du salarié au travail, le cas échéant.
Il est également important d’inciter le travailleur à reprendre le travail sans attendre la disparition complète des symptômes ; la reprise précoce du travail améliorant le pronostic sous réserve d’une éventuelle adaptation du poste de travail.
Il sera souvent nécessaire d’envisager une démarche de maintien dans l’emploi en relation avec les médecins de soins ou de conseil et de demander la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), permettant au salarié de bénéficier d’évaluations ergonomiques au poste du travail ou d’aides financières aux aménagements de poste, d’accéder à un bilan de compétence ou de proposer un accompagnement à la réinsertion professionnelle.
L’important est d’inscrire le salarié dans une dynamique de retour à l’emploi, en évaluant les exigences physiques et le soutien social perçus par le travailleur, en identifiant les principales difficultés liées au travail et les adaptations possibles du poste.
(publié le 16 février 2015)