Longues maladies
Mieux préparer les retours

V. Leblanc, V.Queuniet, V. Vigne-Lepage, interviem de D.Martin Entreprise et Carrières, 2013, n°1160, pp. 20-27
En dix ans, le nombre d’avis d’inaptitude est passé de 70 000 à plus de 150 000 : la faute au vieillissement de la population, à l’allongement de la durée de vie au travail, à l’augmentation des reconnaissances de maladies professionnelles, à l’accroissement des pathologies invalidantes.
Il est dès lors important de mieux prévenir le risque de désinsertion professionnelle des salariés quand on fait le constat de la situation actuelle : 50% des salariés ayant un arrêt de travail continu de six mois ou plus ne reprennent pas une activité à temps complet.
Les acteurs sont multiples et l’employeur a parfois du mal à s’y retrouver entre médecin traitant, médecin du travail, assurance-maladie, Agefiph, Sameth, MDPH, cabinets spécialisés, complémentaires santé ....
La clé du succès réside dans la précocité de l’intervention et dans sa bonne coordination.
La visite de préreprise auprès du médecin du travail, dont doit bénéficier tout salarié en arrêt maladie de plus de trois mois a pour objectif d’évaluer les séquelles et d’apprécier les capacités restantes pour favoriser le retour à l’emploi.
Différentes possibilités sont offertes pour reprendre une activité : le temps partiel thérapeutique, le contrat de rééducation professionnelle en entreprise, le module d’orientation approfondie pour les assurés en indemnités journalières, les aides financières de l’Agefiph, et même un "essai encadré" pendant l’arrêt de travail, pour le Sameth de l’Aisne qui depuis 15 ans propose de tester le poste de travail avant le retour à l’emploi.
Les grands groupes ont mis au pont un certain nombre d’outils et de dispositifs (association dédiée au reclassement et au recrutement des personnes handicapées, processus d’accompagnement, repérage en amont des salariés en voie de désinsertion professionnelle dans un but préventif, actions pluridisciplinaires proposant des solutions réalistes dans le cadre de groupes pilotes expérimentant le dispositif).
Une solution passant par un processus très précoce et s’appuyant sur un coaching individuel est à l’étude à la CNAMTS (caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés) dans un objectif de coordination des actions à mener et d’aide au salarié pour qu’il bénéfice des soins nécessaires, des services sociaux et des accompagnements existants. Ce "case management " mis en place en Allemagne et en Suisse a montré son efficacité (diminution des niveaux d’indemnisation et réduction des taux d’incapacité) et en retour, possibilités d’investissements supplémentaires dans les dispositifs de réhabilitation et dans la prévention. Un marché public a été lancé par la CNAMTS auprès de cabinets de consultants spécialisés.
(publié le 14 novembre 2013)