Maintien dans l’emploi :
un défi pour l’avenir

Prevent Focus, 2011, n°2, pp.4-7
Environ 15% des employés belges connaissent des problèmes de santé de longue durée et le nombre de personnes reconnues invalides n’a cessé de croître au cours de la dernière décennie en lien essentiellement avec les troubles psychiques et les troubles musculosquelettiques.
La maladie s’avère être un frein pour l’emploi. L’enquête européenne sur les conditions de travail réalisée en 2005 montre qu’un arrêt de travail compris entre 3 et 6 mois réduit déjà de moitié la probabilité que le travailleur puisse reprendre son travail chez son employeur antérieur.
Il n’y a que des avantages à gagner d’une politique de maintien au travail et de réinsertion professionnelle.
Un nouveau texte en Belgique contraint les médecins-conseils à veiller à la réintégration socioprofessionnelle des titulaires en incapacité de travail. L’important n’est pas d’évaluer les incapacités mais bien les capacités restantes et la possibilité de mise en œuvre de tout dispositif permettant de valoriser celles-ci. Il est en effet préférable socialement de permettre à quelqu’un de garder une activité professionnelle qui apporte contacts sociaux et reconnaissance sociale et améliore dès lors l’estime de soi.
Le médecin du travail a un rôle important à jouer en proposant aménagement ou adaptation du poste de travail ou de l’activité et/ou des méthodes de travail et/ou des conditions de travail.
Tout le monde (autant employés qu’employeurs) a avantage à s’insérer dans cette démarche tant sur le plan humain que sur le plan organisationnel, financier ou sociétal.
En Belgique, la Société scientifique de santé au travail (SSST) et l’Association scientifique de médecine d’assurance (ASMA) ont proposé une série de recommandations et suggestions qui concernent les travailleurs en incapacité de travail à partir d’une durée de quatre semaines. L’objectif est que le salarié puisse garder le contact avec l’entreprise, qu’il soit informé des possibilités de résinsertion (l’inciter à une visite de pré-reprise, proposer au travailleur une reprise au poste de travail sans exigence immédiate de productivité, encourager le patient à prendre contact avec le médecin du travail qui pourra éventuellement proposer d’aménager le lieu de travail, envisager avec l’employeur et l’employé les possibilités de formation, voire de mi-temps thérapeutique).
Pour des arrêts de longue durée, un programme de "retour au travail" sera proposé au salarié.
L’important est une prise de conscience de tous les intervenants de la nécessité de collaborer étroitement (médecin traitant, médecin-conseil, médecin du travail).
(publié le 10 mai 2011)