Prise en charge au stade d’invalidité lombaire

F. Roure Le Concours médical, 2014, vol.136, n°9, pp.713-717. Bibliographie

L’importance du lien entre absentéisme et retour au travail est bien établie.
Après un à trois mois d’arrêt pour lombalgie, le salarié risque dans 10 à 40% des cas, de ne pas être au travail un an plus tard, mais après un à deux ans d’absence, il n’a quasiment aucune chance de rependre le travail.
Victimes d’un déconditionnement physique (insuffisance musculaire, désadaptation cardio-respiratoire) et de scores d’anxiété et de dépression élevés, de conduites d’évitement de la douleur, de faibles capacités de coping, les salariés sombrent dans l’incapacité chronique avec pour corollaire, la perte d’emploi et l’isolement social.
Des programmes de réentrainement à l’effort peuvent être proposés, dont le but n’est pas tant la réduction de la douleur que le gain fonctionnel et la réinsertion du patient dans la vie active.
Ces programmes supposent une prise en charge en structure collective sur une durée variant entre 40 et 200 heures, réparties sur deux à six semaines. La prise en charge pluridisciplinaire comporte un apprentissage de la gestion de la douleur et des antalgiques, du cardio-training, du renforcement musculaire, des étirements, de la relaxation et de l’ergothérapie.
Ces programmes n’ont aucun intérêt en phase aiguë et sont réservés aux lombalgiques en phase sub-aiguë ayant un fort risque de passage à la chronicité. Les patients seront pleinement motivés car les exercices devront être menés à leur terme malgré la possible exacerbation de la douleur.
Ils ont fait la preuve de leur efficacité sur le plan algo-fonctionnel et sur le retour au travail ; le nombre de jours d’arrêt de travail est réduit et le taux de patients au travail à un an varie entre 55 à 72% selon les études. Parallèlement, l’incapacité fonctionnelle, la douleur, les croyances erronées et les conduites d’évitement, l’anxiété, la dépression et la qualité de vie sont améliorées.
Une soixantaine de centres propose aujourd’hui ce type de programmes. La liste est disponible sur le site de la société française de rhumatologie. Des réseaux de soins et associations sont également très présents.

Dans une deuxième partie, l’auteur évoque la faisabilité d’un aménagement des contions de travail et du reclassement professionnel suite à un arrêt de travail de longue durée pour maladie. Il passe en revue les modalités de la reprise de travail : la visite de préreprise, obligatoire dès lors que l’arrêt de travail est d’une durée supérieure à trois mois, l’aménagement des conditions de travail, l’aménagement du poste de travail, l’aménagement du temps de travail et l’éventuel reclassement professionnel. Ce dernier est proposé si le médecin du travail au terme de deux examens médicaux espacés de deux semaines a déclaré le sujet inapte à son poste mais apte à exercer d’autres fonctions, parfois au terme d’une formation professionnelle qui peut être prise en charge par le Service d’appui au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés (SAMETH).

(publié le 17 février 2015)